Pre­nez les com­mandes de la SNCB

Félicitations! François Bellot vient de vous nommer CEO de la SNCB. A vous de manœuvrer les leviers de l'entreprise afin d'assurer son avenir.

Par L.Gs

Coordination: Nicolas Becquet - Photos: EPA, Photo News, Belga - Programmation: Raphael Cockx

1- Votre ordre de mission

François Bellot vient de prendre ses nouvelles fonctions comme ministre de la Mobilité. Il vous nomme CEO de l'entreprise ferroviaire et vous confie une mission: "Remettez de l'ordre dans cette entreprise!".

Trois étapes pour y parvenir:

1. Examiner les besoins et revendications de chacun des acteurs.

2. Utiliser les six leviers disponibles ci-dessous.

3. Communiquer ce plan au nouveau ministre de la Mobilité.

Bon à savoir:

3,17 milliards € = la dette de l'entreprise à fin 2015.

453 € par an = la part de chaque contribuable à la dotation de l'Etat (1,79 milliard € en 2015).

366.485 places assises étaient disponibles fin 2014. 445 voitures M7 ont été commandées pour accroître cette capacité.

224,8 millions de voyageurs ont circulé sur le réseau en 2014.

"D'ici 2019, on aura 7.000 cheminots en moins, ce qui conduira à l'abandon des petites lignes. Les usagers paieront pour ces économies."
Michel Abdissi, président de la CSGP-Cheminots, octobre 2014.

139 gares et 411 points d'arrêt constituent le réseau.

"Je ne tolérerai pas des divergences dues aux ego"
François Bellot (MR), ministre en charge de la SNCB, 17/04/2016, au sujet du partage de moyens entre la SNCB et Infrabel.

19.352 collaborateurs au 1er janvier 2016.

"Si on ne réagit pas, on prépare la faillite de la SNCB"
Jacqueline Galant (MR), ex-ministre en charge de la SNCB, 12/2014.

"L'amélioration de la ponctualité en 2015, dont s'est récemment targuée la SNCB, s'explique surtout par une modification - et un allongement - des horaires."
Des mandataires Ecolo, 16/02/2016.

2- Élaborez votre plan

Sur votre tableau de bord, vous disposez de six leviers: prix du billet, offre ferroviaire, service à bord, service dans les gares, autres revenus, impôts.

Vous pouvez actionner chaque levier à la hausse ou à la baisse, ou le laisser inchangé. En cas de doute sur ce que représente un levier, cliquez sur le point d'interrogation .

Pour valider votre plan, vous devez utiliser tous les leviers. A vous de jouer!

Leviers Votre choix

Prix du billet

=

Vous pouvez augmenter le prix des billets pour accroître les rentrées financières, ce qui risquerait de décourager certains voyageurs. A contrario, réduire le prix peut améliorer la mobilité, mais nécessitera de trouver une autre source de financement.

Offre ferroviaire

=

Plus il y a de trains en circulation, plus il faut d'énergie, de personnel, de sillons loués, etc. Réduire l'offre ferroviaire diminuerait l'attractivité de la SNCB auprès des voyageurs.

Service à bord

=

Accompagnateur de train, conducteur, techniciens, agents d'entretien ou de sécurité, tous sont garants de la qualité du service.

Service dans les gares

=

Aujourd'hui, deux gares sur trois sont des points d'arrêt non gardés, seulement équipés d'automates de ventes de billets. Cela permet de réduire les coûts. En revanche, l'absence de personnel peut avoir un impact sur le sentiment de sécurité et la qualité du service.

Autres revenus

=

Pour augmenter ses rentrées, la SNCB concède des espaces commerciaux dans ses gares, met des parkings à disposition, loue des vélos...

Impôts

=

La dotation de la SNCB est une somme allouée annuellement par l'Etat. C'est sa principale source de financement. Elle représentait 1,79 milliard € en 2015.

3- Validez votre plan

Votre plan apparaîtra dans la lettre ci-dessous, quand vous aurez fait votre choix.

BRAVO! Votre mission est accomplie. Vous pouvez partager votre plan sur Twitter et Facebook, mais avant relisez votre lettre adressée à François Bellot. Vous voulez encore modifier vos choix? Pas de problème, mais n'oubliez pas de les valider une nouvelle fois.

Merci au journaliste qui a proposé cette idée de jeu et qui a écrit le tout. Reiciendis aut nulla doloribus quas assumenda, laboriosam aliquam harum atque quo eveniet minus. Reiciendis ducimus illum dolore quidem, a quaerat, fugit, adipisci ad dignissimos autem, nobis id tempora reprehenderit omnis tempore eligendi esse.

Merci à Raphael Cockx pour la programmation de ce long format. Hic ducimus tempore voluptates quos aliquid beatae laborum natus, neque! Animi corrupti quam vel eum laudantium accusantium facere voluptatem molestiae assumenda doloribus! Possimus, repudiandae nisi quia cum excepturi quasi, accusantium aperiam praesentium illum at animi! Quo dolor quas provident itaque odit expedita assumenda animi officiis.

Merci à Anne-Sophie Bailly pour la relecture. Nihil nisi quos labore adipisci ad sapiente magnam saepe accusantium, illo. Nesciunt aperiam quidem hic, quos dolorem, dicta accusantium. Earum vero accusamus at iste voluptates repellendus illo aperiam fugit, soluta nemo quas, dignissimos delectus qui odit beatae?

Vous pensez pouvoir faire mieux ou différemment? Créer votre propre plan

4- Les autres propositions

De quel parti ou organisation votre plan est-il le plus proche? Comparez:

Veuillez d'abord faire votre choix dans le tableau ci-dessus

Mon choix
Cor­nu
E­co­lo
PTB
Na­vet­teurs
Train Gra­tuit
Syn­di­cats

Voici les plans et les propositions en détails.

Cornu Ecolo PTB Navetteurs Train gratuit Syndicats
Prix du billet

Le CEO de la SNCB, Jo Cornu, a obtenu la liberté tarifaire qu'il demandait. Selon le contrat de gestion, bientôt présenté au gouvernement, la SNCB pourra augmenter ses tarifs au-delà de l'indexation (sans tenir compte de la ponctualité) et les adapter en continu. L'un des objectifs annoncés est d'attirer davantage de voyageurs en heures creuses grâce à des tarifs préférentiels où, à l'inverse, de les dissuader de surcharger des trains déjà bondés en heures de pointes.

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

La commande de nouvelles voitures M7 (double étage) a un double but: accroître le nombre de places assises et uniformiser la flotte. Jo Cornu veut aussi augmenter l'offre sur les lignes rentables. Pour y parvenir, il demande que la redevance infrastructure demeure au niveau de 2014.

Accompagnement / service client à bord des trains

Le concept de "one man car" est âprement défendu par la direction de la SNCB. Son but est de ne conserver à bord du train que le conducteur. Le voyageur ne serait plus d'office confronté à du personnel SNCB dans les trains, sinon à des équipes de contrôle.

Accompagnement / service client dans les gares

La direction de la SNCB veut rationaliser la présence du personnel dans les gares: celui-ci serait chargé d'assurer des services à plus haute valeur ajoutée. Les automates seraient généralisés.

Autres services (parkings, vélos, concessions commerciales ...)

La création de gares multimodales regroupant plusieurs modes de transport (train, bus, vélo, voiture ...) est dans l'air depuis des années. D'où l'importance de l'installation de parkings - payants - permettant aux usagers de rejoindre une gare en voiture puis de prendre le train.

Impôts

Jo Cornu n'a pas le choix: les mesures d'économie et de rationalisation proposées sont la conséquence des règles budgétaires imposées par le gouvernement. Pour rappel: une baisse de la dotation de 663 millions d'ici 2019.

Prix du billet

La vision d'Ecolo pour le rail ne mentionne pas avec précision de politique tarifaire. Seule certitude: les Verts s'opposent à toute augmentation du prix du billet. En mai 2015, après une énième requête de Jo Cornu pour aller en ce sens, le député fédéral Marcel Cheron réagissait: "C'est un très mauvais signal. Au lieu d'inviter plus de voyageurs à prendre le train, Monsieur Cornu les décourage. Ce n'est pas ainsi que l'on va répondre à l'enjeu de la mobilité".

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

Les Verts défendent une augmentation considérable de l'offre ferroviaire belge pour répondre à l'évolution démographique et aux défis de la mobilité. Ecolo ne voit pas seulement en la SNCB une alternative à la voiture, mais un moyen de transport plébiscité par tout le monde, pour effectuer ses déplacements.

Autres services (parkings, vélos, concessions commerciales ...)

Ecolo plaide pour un vaste plan "Gares" visant à les rendre intermodales et attractives, aussi pour des activités commerciales (ou d'autres types d'activités) sous concession.

Impôts

Bien avant la publication de la Vision stratégique de Jacqueline Galant (MR, ex-ministre fédérale de la Mobilité), Ecolo refusait les restrictions budgétaires imposées à la SNCB. Le parti de l'opposition revendique davantage de moyens pour l'entreprise afin de lui permettre de développer son offre ferroviaire et de services. L'objectif chiffré est de doper la fréquentation de la SNCB de 50% en dix ans.

Prix du billet

Le PTB revendique une baisse des tarifs. Cette demande est justifiée par la nécessité d'attirer davantage de voyageurs, et donc de leur proposer des tarifs très concurrentiels par rapport aux avantages de la voiture, par exemple. Le parti de l'opposition réclame également la fin des surfacturations (tarif à bord, redevance Diabolo, etc.). Enfin, le PTB revendique un billet intégré entre les différents réseaux de transport public.

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

La vision du PTB implique un renforcement important de la fréquence: les grandes villes du pays devraient être reliées par un train toutes les 20 minutes. Pour le RER, il faudrait un train toutes les 15 minutes au minimum. Le PTB souhaite également le retour des trains de nuit (après 22h) et une meilleure complémentarité entre bus et trains en zones rurales. Le credo du parti: "avec le train je vais où je veux quand je veux".

Accompagnement / service client à bord des trains

Le PTB se prononce contre l'instauration du système du "one man car" (pas d'accompagnateur de train à bord). Il défend davantage l'idée - avec le soutien de la FGTB - d'un service attractif grâce à la présence humaine à bord des trains.

Accompagnement / service client dans les gares

A l'instar du service à bord, le PTB défend le retour de gares "humanisées", c'est-à-dire pourvues de guichets. Ce canal de vente, dit-il, a aussi un rôle social.

Impôts

En matière de financement public, le PTB a élaboré son plan Cactus (taxation des grosses fortunes, fin des intérêts notionnels, etc.). Il exige un débat sur les voitures de société et défend l'idée d'une nouvelle budgétisation de la SNCB (et des transports publics de façon générale) en fonction de ses besoins, et non des impératifs financiers de l'Etat. La dotation du rail serait augmentée.

Prix du billet

Le principe défendu par les associations de navetteurs (avec InterEnvironnement Wallonie) est simple: "Pas d'augmentation tarifaire tant que la qualité de l'offre reste insuffisante." Les associations revendiquent même une simplification et un assouplissement tarifaires.

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

Ces associations souhaitent un train toutes les 30 minutes au minimum et une amplitude horaire (entre le premier et le dernier train de la journée) élargie. Elles ont pour cela établi divers scénarios pour la redevance d'infrastructure payée par la SNCB à Infrabel.

Accompagnement / service client à bord des trains

Le concept du "one man car" ou d'autres modifications importantes du fonctionnement ne sont pas rejetés d'emblée: les associations souhaitent une organisation du travail cohérente et fonctionnelle.

Autres services (parkings, vélos, concessions commerciales ...)

La vision du rail des associations de navetteurs se concentre d'abord sur le service ferroviaire lui-même. Toutefois, Navetteurs.be a plusieurs fois regretté des hausses tarifaires concernant les parkings de gare.

Impôts

Le 20 janvier 2016, lors de leur audition au Parlement fédéral, Navetteurs, TreinTramBus, Test-Achats et IEW ont mis en garde contre les restrictions budgétaires et leur impact futur. Ces associations ont surtout évoqué le cas de lignes trop usées par manque d'entretien et nécessitant, du coup, davantage de dépenses pour être remises à neuf.

Prix du billet

Olivier Malay, navetteur et chercheur en économie, et Samuel Sonck, navetteur, ingénieur civil et économiste, ont décrit dans une carte blanche leur vision du train gratuit. Par définition, plus aucune recette n'est envisageable par le biais de la vente de billets. Ils se positionnent contre la gratuité partielle, qui engendrerait lourdeur administrative et coûts supérieurs au gain de mobilité.

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

Pour eux, la gratuité, attirerait davantage de voyageurs. Selon les calculs d'Ecolo-Groen, le coût d'une augmentation de l'offre ferroviaire (500 millions €) et le manque à gagner dû à l'absence de ventes de billets seraient partiellement compensés par la disparition des contrôles et de la structure commerciale. Le surcoût atteindrait 1,5 milliard d'euros par an.

Accompagnement / service client à bord des trains

Les auteurs de la carte blanche soulignent l'obsolescence des contrôles à bord. La disparition de ces contrôles réduirait les coûts.

Accompagnement / service client dans les gares

Les guichets seraient inutiles, sinon pour informer les voyageurs. Cela ne nécessite pas d'infrastructure lourde. Des agents mobiles remplissent déjà cette mission dans les grandes gares.

Impôts

L'opinion de MM. Malay et Sonck vise directement l'Etat en tant que pourvoyeur de fonds. Ils évoquent la fiscalité en vigueur pour les voitures de société, dont le coût est déjà à charge du contribuable. Selon eux, il s'agit d'un choix politique: réorienter une partie du financement du système des voitures de société permettrait de financer la gratuité des trains pour les voyageurs.

NDLR: Par souci de clarté, nous avons décidé de combiner les positions de la CSC et de la FGTB en un seul scénario. En effet, il y a de nombreuses convergences de vues concernant les leviers d'action retenus.

Prix du billet

Les syndicats s'inquiètent d'une éventuelle augmentation des prix et de son impact pour les voyageurs. Ils militent contre cette évolution et ses conséquences sur la fréquentation des transports publics.

Fréquence des trains / nombre de places assises / nombre de trains

La Confédération des Syndicats Chrétiens revendique un réinvestissement dans le transport ferroviaire belge. Sa campagne "Sauvons nos trains" concerne en particulier le cas des lignes rurales, jugées importantes mais victimes d'un désinvestissement récurrent. Des initiatives semblables ont été menées au sein de la CGSP-Cheminots, notamment via la distribution de tracts.

Accompagnement / service client à bord des trains

A l'instar de la CGSP, la CSC répugne à l'idée de voir des trains circuler sans accompagnateur. La partie francophone du syndicat, la CSC Transcom, a par ailleurs rejeté le projet d'accord social – même si la CSC, majoritairement représentée par sa branche néerlandophone, l'a accepté. La CSC Transcom s'oppose notamment à la baisse prévue des effectifs, comme la CGSP-Cheminots.

Accompagnement / service client dans les gares

Comme c'est le cas à bord des trains, les syndicats défendent un service (public) de qualité au sein des gares. Elle regrette d'ailleurs la disparition de gares et de certains guichets. Et comme à bord des trains, ils brandissent l'argument de la sécurité pour motiver l'investissement nécessaire.

Impôts

La CSC, dans son ensemble, regrette les économies imposées à la SNCB par le gouvernement. Au contraire, le syndicat demande, a minima, le maintien des moyens nécessaires pour assurer un service performant. Ces économies seront réalisées au détriment des voyageurs et des travailleurs. Un discours comparable est tenu par la CGSP qui revendique, elle, un réinvestissement dans l'outil ferroviaire belge.