La révolution biotechnologique

La biotechnologie révolutionne la médecine. Elle lance des organismes vivants dans la bataille. Ceux-ci peuvent être combinés à l’infini, et les patients qui souffraient de maladies incurables hier peuvent désormais être guéris. Nous disposons de nouvelles armes plus puissantes pour nous attaquer à certaines maladies.

Nous avons répertorié les 194 entreprises belges actives dans le secteur biotechnologique appliqué à la médecine. Elles créent des médicaments révolutionnaires, des méthodes de diagnostic simples, et des équipements médicaux capables d’améliorer notre état de santé.

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La Belgique fait la course en tête dans la biotechnologie

Un écosystème d’expertise s’est développé avec des scientifiques, centres de recherche et entreprises mondialement célèbres dans le secteur des biotechnologies. Des sociétés comme Biocartis, Galapagos, Argenx, Celyad, MDxHealth et bien d’autres sont parties à la conquête du monde.

35 start-ups pour repousser les frontières

Ces cinq dernières années, 35 nouvelles sociétés biotech ont vu le jour dans notre pays. Elles découvrent de nouvelles techniques et traitements pour lutter contre les maladies. Parfois, leurs recherches sont très ciblées. C’est notamment le cas de Camel IDS, qui lutte contre le cancer grâce à des anticorps de camélidés marqués avec des radionucléides et envoyés dans le sang des patients. Mais certaines repoussent les frontières de toutes les maladies, comme Confo Therapeutics, qui a identifié des commutateurs capables d’activer ou de désactiver certaines molécules pour bloquer le développement de maladies.

Les biotechs en Bourse: 10 milliards d’euros de plus-value

Les entreprises de biotech belges cotées (y compris Ablynx, mais sans UCB) ont levé 4,4 milliards d’euros de capitaux depuis leur création et représentent aujourd’hui une valeur boursière totale de 14 milliards d’euros (comprenant le montant de la vente d’Ablynx). La moitié de ces entreprises valent sans doute moins aujourd’hui que ce que les investisseurs y ont injecté, mais ces moins-values sont largement compensées par Ablynx, Galapagos et Argenx. Cette situation « you win some, you lose some » est typique du secteur biotechnologique.

L’effet VIB

La création en 1995 du VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie ou Institut Flamand de Biotechnologie), qui rassemble les connaissances de 700 scientifiques, a permis de concentrer les recherches sur la biotechnologie autour des grandes universités. De nombreuses entreprises ont vu le jour dans le giron de ces centres de connaissances à Gand, Louvain et Bruxelles.

L'étape suivante, on selectionne les entreprises en diagnostic et thérapeutique.

Guérir, mais aussi prévenir

Dans notre pays, les entreprises de biotech cherchent principalement de nouveaux traitements contre les maladies, mais elles ne s’arrêtent pas là. Elles développent également des tests permettant d’établir de meilleurs diagnostics.

Ces dernières années, le secteur du diagnostic a connu une très forte croissance qui s’explique par le constat qu’un diagnostic précoce et précis augmente l’efficacité des traitements.

Galapagos en tête

L’entreprise malinoise Galapagos est la société de biotech belge qui compte le plus de médicaments en développement dans son pipe-line, soit 16. Ceux-ci portent sur le traitement de nombreuses maladies comme l’arthrite rhumatoïde, mais aussi de maladies rares comme la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). Viennent ensuite deux sociétés gantoises, Argenx et Ablynx, cette dernière ayant été récemment rachetée par le géant pharmaceutique français Sanofi pour 3,9 milliards d’euros.

145 raisons d’espérer

Parmi les 194 entreprises actives en biotechnologie dans notre pays, 63 travaillent actuellement à de nouveaux tests médicaux ou médicaments. Elles comptent dans leur pipe-line 145 produits qui pourraient être commercialisés dans quelques années. Nous pouvons donc espérer réaliser 145 percées médicales.

Découverte

Pre-clinique

Phase 1

Phase 2

Phase 3

Marché

10% de chance de réussite

Tout ce qui est développé par des entreprises de biotechnologie ne se transforme pas en or. Avant de mettre un nouveau médicament sur le marché, 10 à 15 ans d’études et de recherches sont nécessaires. Et certains projets échouent. Seul un nouveau médicament sur 10 atteint la ligne d’arrivée. Ensuite, la bataille n’est pas encore gagnée, car il n’est pas évident de réussir à conquérir le marché. Jetrea, un médicament ophtalmologique conçu par Thrombogenics l’a appris à ses dépens: la firme louvaniste ne disposait pas de la force de frappe suffisante pour promouvoir son médicament. Les chirurgiens ophtalmologiques ont continué à préférer l’intervention chirurgicale à l’injection de Jetrea. Résultat: le produit n’a pas obtenu le succès financier espéré.

Cancer et arthrite rhumatoïde 

Nos recherches indiquent que de nombreuses entreprises de biotech belges cherchent des traitements contre le cancer et les maladies auto-immunes. Et il ne faut pas s’en étonner. Le cancer est une maladie malheureusement très courante. Tout le monde connaît quelqu’un qui a souffert d’un cancer. C’est pourquoi des capitaux importants sont investis dans la recherche contre cette maladie.

Le focus sur les maladies auto-immunes est spécifique à la biotechnologie. La biologie moléculaire a permis de mieux comprendre le fonctionnement du corps humain et de ses cellules, et par ricochet, celui de notre système immunitaire. Et donc de mieux s’attaquer à ces maladies. C’est le cas de deux de nos champions nationaux, Galapagos et Argenx, qui cherchent des traitements contre les maladies rares touchant notre système immunitaire.

Avez-vous déjà entendu parler du filgotinib ?

Il pourrait bien être le prochain médicament commercialisé par une société de biotech belge. Galapagos travaille depuis dix ans sur le filgotinib, qui pourrait se révéler être une poule aux œufs d’or.

Ce médicament est avant tout efficace contre l’arthrite rhumatoïde, mais il pourrait également traiter d’autres pathologies comme la maladie de Crohn (MICI - maladie inflammatoire chronique intestinale), la rectocolite hémorragique (RCH ou colite ulcéreuse), le lupus (inflammation du tissu conjonctif), la maladie de Bechterew (spondylarthrite ankylosante - inflammation de la colonne vertébrale) et l’arthrite psoriasique (PSA - maladie articulaire inflammatoire associée à un psoriasis). Les experts pensent que le médicament pourrait rapporter un chiffre d’affaires de 5 à 6 milliards d’euros par an.

Faites une recherche dans la base de données du secteur belge des biotechs

Methodologie: toutes les données utilisées dans cet aperçu interactif proviennent de Flanders.Bio, l’organisation faîtière du secteur biotechnologique en Flandre. Certaines entreprises pharmaceutiques qui ne sont pas exclusivement actives dans le secteur de la biotech n’ont pas pu nous fournir les informations demandées. L’aperçu ne reprend que les entreprises actives en biotechnologie médicale, à l’exclusion donc des biotechnologies appliquées aux végétaux et à l’alimentation. contact: multimedia@lecho.be