Chronologie

Le mystère des diamants de Zaventem

A partir du 31 janvier 2018, 19 personnes sont jugées pour leur responsabilité présumée dans le spectaculaire braquage sur le tarmac de Bruxelles-National. Le 18 février 2013, un commando lourdement armé dérobe l’équivalent de 37,9 millions d’euros de diamants. Ce "casse du siècle" reste un mystère, les éléments de preuve sont minces et la plus grande partie du butin s’est volatilisée.

Julien Balboni & Antonin Marsac | 29.01.2018

LES PROTAGONISTES

VICTIMES

BRAQUEURS

RECELEUR

Ils étaient huit. L’un d’eux, Hassan Baghli, est fiché de longue date pour grand banditisme. Autres « clients »: El Houssien Bajjadi, 45 ans, ancien membre de la célèbre « bande à Maâche », active dans les années 1990, ou encore Tarek Bouazza, soupçonné d’être un des leaders et dont l’ADN a été retrouvé sur des liasses de billets cachées dans un ours en peluche.

Surnommé le « Grand Marco », Marc Bertoldi est un ancien pilote automobile reconverti dans la délinquance. Il a reconnu s’être rendu à Bruxelles peu après le braquage. Il était aussi lié à un promoteur suisse chez qui il a laissé pour 7 millions d’euros de diamants, issus du braquage.

La société Brink’s est considérée comme la principale victime du braquage. Ses employés venaient de livrer la cargaison de diamants dans la soute de l’avion de l’Helvetic Airways. Ils ont été désarmés par les braqueurs sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

Les faits

02/01/2010

1er vol de voiture

La nuit du 2 au 3 janvier 2010, une Audi A8 est volée, avenue du Chili, à Bruxelles.

28/01/2013

Vol des “fourgons”

Deux Mercedes Viano d’une société de location sont volées à Zaventem.

17/02/2013

Vol de plaques

La veille du braquage, deux plaques d’immatriculation sont volées, à Laeken et à

Vilvorde.

18/02/2013

Passage à l’acte

Le commando dérobe pour 37,9 millions d’euros de diamants à l’aéroport de

Zaventem.

18/02/2013

19h53 | L’ATTAQUE

Huit hommes à bord d’une Mercedes Viano et d’une Audi A8 pénètrent sur le tarmac de Zaventem après avoir coupé une clôture de protection. Les véhicules s’engouffrent sur la piste, à toute vitesse. Ils cernent l’avion, un Fokker 100 de la compagnie Helvetic Airways, et forcent le personnel à ouvrir la soute.

18/02/2013

19h57 | La fuite

Le commando emporte le butin et s’enfuit par les petites routes. Entre 20h et 20h15, le feu est bouté à une Mercedes Viano à Asse. Il s’agit d’une manoeuvre pour attirer l’hélicoptère de la police et permettre la fuite des voleurs.

L’enquête

Les enquêteurs de la police judiciaire se retrouvent sans indice matériel ni trace ADN. Les auteurs étaient cagoulés, les policiers sont face à une page blanche.

1

Les fuites

Peu après les faits, la police judiciaire fédérale est mise sur la piste d’une petite équipe bruxelloise de braqueurs quadragénaires, connus du grand banditisme. Des agents infiltrés sont déployés, des micros posés, des GSM placés sur écoute.

2

L’arrivée du “Grand Marco”

Des informations internationales et une enquête bruxelloise laissent penser que Marc Bertoldi est impliqué dans le recel du butin.

Au Maroc, où il travaille pour la sécurité d’un hôtel de luxe, on dit de lui qu’il cherche à vendre des diamants.

En Suisse, les policiers locaux apprennent qu’il a pris contact avec la pègre helvétique et avec un promoteur, un certain Pascal Pont, qui garde les diamants dans sa cave blindée.

3

Un GSM allumé en pleine “négo”

À Bruxelles, la police judiciaire suit de potentiels receleurs et profite d’un coup de chance: ils sont témoins d’une discussion entre plusieurs suspects, dans un bar, autour du cours de l’or, des carats, de la qualité des « pierres ». 5 minutes et 40 secondes captées via un GSM laissé allumé. Du pain bénit pour la police.

4

Perquisitions internationales

Le 7 mai 2013, la police française arrête Marc Bertoldi devant le domicile de sa mère, à Nancy. Il est au volant d’une Porsche Panamera achetée par son ami Pascal Pont et détient 60.000 euros en cash.

En garde à vue, Bertoldi appelle l’avocat de son ami. Et enclenche l’opération de la police suisse. Les forces de l’ordre helvétiques arrêtent Pascal Pont et son avocat avec une petite clé qui ouvre le coffre-fort du promoteur. A l’intérieur, une fortune en diamants (5,7 millions d’euros), tous issus du braquage.

Le lendemain, 8 mai, la police belge passe à l’action et mène 36 perquisitions. Quelques éléments de preuve sont découverts, dont des gilets pare-balles et des cagoules avec des traces d’ADN des suspects.

Les chiffres

37,92 MILLIONS D’EUROS

Le braquage représente l’équivalent de 37,92 millions d’euros en diamants, lingots d’or, platine, pierres précieuses et rhodium dérobés. Il s’agit du vol le plus important jamais perpétré sur le territoire national.

30 MILLIONS D’EUROS

Plus de 30 millions d’euros en diamants sont encore dans la nature. Hormis ceux retrouvés en Suisse, pour 5,7 millions, neuf autres diamants ont pu être retrouvés au Liban et à New York.

Les enjeux du procès

Le procès, qui va se tenir du 31 janvier au 9 février 2018, s’annonce très incertain, en tout cas pour une majorité de prévenus.

 

Tous ne sont pas poursuivis pour les mêmes faits: certains le sont pour le braquage, d’autres pour l’incendie des véhicules ayant servi au vol, les derniers pour le recel du vol des diamants et blanchiment.

 

En ce qui concerne les suspects du braquage, les charges sont à apprécier: les traces d’ADN sont rares et seules les études de téléphonie permettent de montrer que certains – pas tous - se trouvaient à Zaventem à l’heure des faits.

 

De la même manière, aucune arme n’a été retrouvée et il n’est pas certain que les quelques cagoules et gilets pare-balles saisis soient ceux qui ont été utilisés le 18 février 2013. Six journées entières d’audience serviront à démêler le vrai du faux.

LES PROTAGONISTES

RECELEUR

VICTIMES

BRAQUEURS

Surnommé le «Grand Marco», Marc Bertoldi est un ancien pilote automobile reconverti dans la délinquance. Il a reconnu s’être rendu à Bruxelles peu après le braquage. Il était aussi lié à un promoteur suisse chez qui il a laissé pour 7 millions d’euros de diamants, issus du braquage.

La société Brink’s est considérée comme la principale victime du braquage. Ses employés venaient de livrer la cargaison de diamants dans la soute de l’avion de l’Helvetic Airways. Ils ont été désarmés par les braqueurs sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

Ils étaient huit. L’un d’eux, Hassan Baghli, est fiché de longue date pour grand banditisme. Autres « clients »: El Houssien Bajjadi, 45 ans, ancien membre de la célèbre « bande à Maâche », active dans les années 1990, ou encore Tarek Bouazza, soupçonné d’être un des leaders et dont l’ADN a été retrouvé sur des liasses de billets cachées dans un ours en peluche.

Les faits

02/01/2010

1er vol de voiture

La nuit du 2 au 3 janvier 2010, une Audi A8 est volée, avenue du Chili, à Bruxelles.

28/01/2013

Vol des “fourgons”

Deux Mercedes Viano d’une société de location sont volées à Zaventem.

17/02/2013

Vol de plaques

La veille du braquage, deux plaques d’immatriculation sont volées, à Laeken et à

Vilvorde.

18/02/2013

Passage à l’acte

Le commando dérobe pour 37,9 millions d’euros de diamants à l’aéroport de

Zaventem.

18/02/2013

19h53 | L’ATTAQUE

Huit hommes à bord d’une Mercedes Viano et d’une Audi A8 pénètrent sur le tarmac de Zaventem après avoir coupé une clôture de protection. Les véhicules s’engouffrent sur la piste, à toute vitesse.

Ils cernent l’avion, un Fokker 100 de la compagnie Helvetic Airways, et forcent le personnel à ouvrir la soute.

18/02/2013

19h57 | La fuite

Le commando emporte le butin et s’enfuit par les petites routes. Entre 20h et 20h15, le feu est bouté à une Mercedes Viano à Asse. Il s’agit d’une manoeuvre pour attirer l’hélicoptère de la police et permettre la fuite des voleurs.

L’enquête

Les enquêteurs de la police judiciaire se retrouvent sans indice matériel ni trace ADN. Les auteurs étaient cagoulés, les policiers sont face à une page blanche.

1

Les fuites

Peu après les faits, la police judiciaire fédérale est mise sur la piste d’une petite équipe bruxelloise de braqueurs quadragénaires, connus du grand banditisme. Des agents infiltrés sont déployés, des micros posés, des GSM placés sur écoute.

2

L’arrivée du “Grand Marco”

Des informations internationales et une enquête bruxelloise laissent penser que Marc Bertoldi est impliqué dans le recel du butin.

Au Maroc, où il travaille pour la sécurité d’un hôtel de luxe, on dit de lui qu’il cherche à vendre des diamants.

En Suisse, les policiers locaux apprennent qu’il a pris contact avec la pègre helvétique et avec un promoteur, un certain Pascal Pont, qui garde les diamants dans sa cave blindée.

3

Un GSM allumé en pleine “négo”

À Bruxelles, la police judiciaire suit de potentiels receleurs et profite d’un coup de chance: ils sont témoins d’une discussion entre plusieurs suspects, dans un bar, autour du cours de l’or, des carats, de la qualité des « pierres ». 5 minutes et 40 secondes captées via un GSM laissé allumé. Du pain bénit pour la police.

4

Perquisitions internationales

Le 7 mai 2013, la police française arrête Marc Bertoldi devant le domicile de sa mère, à Nancy. Il est au volant d’une Porsche Panamera achetée par son ami Pascal Pont et détient 60.000 euros en cash.

En garde à vue, Bertoldi appelle l’avocat de son ami. Et enclenche l’opération de la police suisse. Les forces de l’ordre helvétiques arrêtent Pascal Pont et son avocat avec une petite clé qui ouvre le coffre-fort du promoteur. A l’intérieur, une fortune en diamants (5,7 millions d’euros), tous issus du braquage.

Le lendemain, 8 mai, la police belge passe à l’action et mène 36 perquisitions. Quelques éléments de preuve sont découverts, dont des gilets pare-balles et des cagoules avec des traces d’ADN des suspects.

Les chiffres

37,92 MILLIONS D’EUROS

Le braquage représente l’équivalent de 37,92 millions d’euros en diamants, lingots d’or, platine, pierres précieuses et rhodium dérobés. Il s’agit du vol le plus important jamais perpétré sur le territoire national.

30 MILLIONS D’EUROS

Plus de 30 millions d’euros en diamants sont encore dans la nature. Hormis ceux retrouvés en Suisse, pour 5,7 millions, neuf autres diamants ont pu être retrouvés au Liban et à New York.

Les enjeux du procès

Le procès, qui va se tenir du 31 janvier au 9 février 2018, s’annonce très incertain, en tout cas pour une majorité de prévenus.

 

Tous ne sont pas poursuivis pour les mêmes faits: certains le sont pour le braquage, d’autres pour l’incendie des véhicules ayant servi au vol, les derniers pour le recel du vol des diamants et blanchiment.

 

En ce qui concerne les suspects du braquage, les charges sont à apprécier: les traces d’ADN sont rares et seules les études de téléphonie permettent de montrer que certains – pas tous - se trouvaient à Zaventem à l’heure des faits.

 

De la même manière, aucune arme n’a été retrouvée et il n’est pas certain que les quelques cagoules et gilets pare-balles saisis soient ceux qui ont été utilisés le 18 février 2013. Six journées entières d’audience serviront à démêler le vrai du faux.

Les protagonistes

Victimes

La société Brink’s est considérée comme la principale victime du braquage. Ses employés venaient de livrer la cargaison de diamants dans la soute de l’avion de l’Helvetic Airways. Ils ont été désarmés par les braqueurs sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré.

Braqueurs

Ils étaient huit. L’un d’eux, Hassan Baghli, est fiché de longue date pour grand

banditisme. Autres « clients »: El Houssien Bajjadi, 45 ans, ancien membre de la célèbre « bande à Maâche », active dans les années 1990, ou encore Tarek Bouazza, soupçonné d’être un des leaders et dont retrouvé des traces d’ADN sur des liasses de billets cachées dans un ours en peluche.

Receleur

Surnommé le “Grand Marco”, Marc Bertoldi est un ancien pilote automobile reconverti dans la délinquance. Il a reconnu s’être rendu à Bruxelles peu après le braquage. Il était aussi lié à un promoteur suisse chez qui il a laissé pour 7 millions d’euros de diamants, issus du braquage.

Les faits

02/01/2010

1er vol de voiture

La nuit du 2 au 3 janvier 2010, une Audi A8 est volée, avenue du Chili, à Bruxelles.

28/01/2013

Vol des “fourgons”

Deux Mercedes Viano d’une société de location sont volées à Zaventem.

17/02/2013

Vol de plaques

La veille du braquage, deux plaques d’immatriculation sont volées, à Laeken et à Vilvorde.

18/02/2013

Passage à l’acte

Le commando dérobe pour 37,9 millions d’euros de diamants à l’aéroport de Zaventem.

18/02/2013

19h53 | L’ATTAQUE

Huit hommes à bord d’une Mercedes Viano et d’une Audi A8 pénètrent sur le tarmac de Zaventem après avoir coupé une clôture de protection. Les véhicules s’engouffrent sur la piste, à toute vitesse. Ils cernent l’avion, un Fokker 100 de la compagnie Helvetic Airways, et forcent le personnel à ouvrir la soute.

18/02/2013

19h57 | La fuite

Le commando emporte le butin et s’enfuit par les petites routes. Entre 20h et 20h15, le feu est bouté à une Mercedes Viano à Asse. Il s’agit d’une manoeuvre pour attirer l’hélicoptère de la police et permettre la fuite des voleurs.

L’Enquête

Les enquêteurs de la police judiciaire se retrouvent sans indice matériel ni trace ADN. Les auteurs étaient cagoulés, les policiers sont face à une page blanche.

1

Les fuites

Peu après les faits, la police judiciaire fédérale est mise sur la piste d’une petite équipe bruxelloise de braqueurs quadragénaires, connus du grand banditisme. Des agents infiltrés sont déployés, des micros posés, des GSM placés sur écoute.

2

L’arrivée du “Grand Marco”

Des informations internationales et une enquête bruxelloise laissent penser que Marc Bertoldi est impliqué dans le recel du butin. Au Maroc, où il travaille pour la sécurité d’un hôtel de luxe, on dit de lui qu’il cherche à vendre des diamants. En Suisse, les policiers locaux apprennent qu’il a pris contact avec la pègre helvétique et avec un promoteur, un certain Pascal Pont, qui garde les diamants dans sa cave blindée.

3

Un GSM allumé en pleine “négo”

À Bruxelles, la police judiciaire suit de potentiels receleurs et profite d’un coup de chance: ils sont témoins d’une discussion entre plusieurs suspects, dans un bar, autour du cours de l’or, des carats, de la qualité des « pierres ». 5 minutes et 40 secondes captées via un GSM laissé allumé. Du pain bénit pour la police.

4

Perquisitions internationales

Le 7 mai 2013, la police française arrête Marc Bertoldi devant le domicile de sa mère, à Nancy. Il est au volant d’une Porsche Panamera achetée par son ami Pascal Pont et détient 60.000 euros en cash.

 

En garde à vue, Bertoldi appelle l’avocat de son ami. Et enclenche l’opération de la police suisse. Les forces de l’ordre helvétiques arrêtent Pascal Pont et son avocat avec une petite clé qui ouvre le coffre-fort du promoteur. A l’intérieur, une fortune en diamants (5,7 millions d’euros), tous issus du braquage.

 

Le lendemain, 8 mai, la police belge passe à l’action et mène 36 perquisitions. Quelques éléments de preuve sont découverts, dont des gilets pare-balles et des cagoules avec des traces d’ADN des suspects.

Les chiffres

37,92 MILLIONS D’EUROS

Le braquage représente l’équivalent de 37,92 millions d’euros en diamants, lingots d’or, platine, pierres précieuses et rhodium dérobés. Il s’agit du vol le plus important jamais perpétré sur le territoire national.

30 MILLIONS D’EUROS

Plus de 30 millions d’euros en diamants sont encore dans la nature. Hormis ceux retrouvés en Suisse, pour 5,7 millions, neuf autres diamants ont pu être retrouvés au Liban et à New York.

Les enjeux du procès

Le procès, qui va se tenir du 31 janvier au 9 février 2018, s’annonce très incertain, en tout cas pour une majorité de prévenus.

 

Tous ne sont pas poursuivis pour les mêmes faits: certains le sont pour le braquage, d’autres pour l’incendie des véhicules ayant servi au vol, les derniers pour le recel du vol des diamants et blanchiment.

 

En ce qui concerne les suspects du braquage, les charges sont à apprécier: les traces d’ADN sont rares et seules les études de téléphonie permettent de montrer que certains – pas tous - se trouvaient à Zaventem à l’heure des faits.

 

De la même manière, aucune arme n’a été retrouvée et il n’est pas certain que les quelques cagoules et gilets pare-balles saisis soient ceux qui ont été utilisés le 18 février 2013. Six journées entières d’audience serviront à démêler le vrai du faux.