Chaque année, L’Echo se plonge pour vous dans les comptes annuels des institutions hospitalières bruxelloises et wallonnes. Et vous dit tout sur la santé financière de votre hôpital. Suivez le guide.
En octobre dernier, la banque Belfius publiait son étude «Maha», portant sur la santé financière des hôpitaux belges en 2018. Une tradition, puisque la cuvée 2019 constituait la 25e livraison. Un travail fouillé, aussi, mais dont ne sont connues que les conclusions portant sur le secteur dans son ensemble, sans qu’il soit possible d’examiner la situation d’un hôpital en particulier ou de s’interroger sur d’éventuelles différences régionales.
C’est pourquoi L’Echo s’est mis à inspecter annuellement les données financières, issues des comptes annuels ou des rapports de gestion, de 38 hôpitaux bruxellois et wallons – dont certains comptent plusieurs implantations, rassemblées sous une même coupole. Il s’agit d’hôpitaux généraux, parmi lesquels quatre hôpitaux universitaires (ou académiques). Les hôpitaux spécialisés ou psychiatriques ont été exclus. Une habitude encore jeune, puisqu’elle souffle sa seconde bougie.
ENSEIGNEMENT 1
Depuis 2012 en tout cas – nos données ne remontent pas au-delà –, le chiffre d’affaires enregistré par les hôpitaux bruxellois et wallons progresse continuellement. Entre 2017 et 2018, il a crû de 4,43%. Le rythme est un rien plus soutenu en Wallonie (+4,78%) qu’à Bruxelles (+3,78%).
Les nouvelles sont moins bonnes si l’on se penche sur le résultat courant (soit le résultat d’exploitation auquel s’ajoute le résultat financier, mais pas l’exceptionnel). S’il traînait la patte en 2017, pesant à peine 8,2 millions d’euros et en chute de 73,1%, le voilà à présent qui boit le bouillon. En 2018, le résultat courant passe dans le rouge, accusant une perte de 4,2 millions – et une dégringolade de 152%. Un mal essentiellement bruxellois, les institutions de la capitale creusant une perte de 23,9 millions, tandis que les hôpitaux wallons dégagent un résultat de 19,7 millions.
Au total, 15 hôpitaux clôturent 2018 sur une perte, soit 39,5% d’entre eux (et un de moins qu’en 2017). Sept à Bruxelles, et huit en Wallonie.
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ENSEIGNEMENT 2
Conséquence logique: la marge bénéficiaire, soit le résultat rapporté au chiffre d’affaires, plonge également sous zéro, à -0,05%. À Bruxelles, elle est de -0,75%, contre 0,34% en Wallonie.
Afin de prendre un peu de recul, le même calcul a été effectué sur les cinq derniers exercices – de 2014 à 2018 donc. Avec un résultat de 0,3%. Soit un rien moins que celui de l’an passé (0,37%) et nettement sous le «flotteur» fixé à 1% par Belfius.
Plus marquant: 17 institutions affichent une marge négative sur 5 ans, soit 44,7% d’entre elles, ce qui est déjà mieux qu’en 2017 (52,6%). À nouveau, un phénomène davantage marqué à Bruxelles (54,6%) qu’en Wallonie (40,7%).
ENSEIGNEMENT 3
Nous avons classé les hôpitaux en trois catégories (petits, moyens et grands) en fonction de leur chiffre d’affaires. Qu’en ressort-il? Que, dans les grandes lignes, les structures importantes s’en sortent mieux que les petites. En 2018, les petits hôpitaux ont dégagé une marge de -0,59%, contre -0,13% pour les moyens et 0,13% pour les grands.
En prenant un recul de cinq ans, le constat reste similaire: 0,2% pour les petits; 0,15% pour les moyens; 0,4% pour les grands.