En clair

Que se passe-t-il chez Proximus?

Par Salim Nesba - 14/01/2019

L'entreprise de télécommunications a annoncé une restructuration majeure. Un employé sur six devra quitter l'entreprise. Un impératif pour se mettre en ordre de marche face à la digitalisation, estime Proximus.

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Les questions

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Quel est le plan?

L'emploi

1.900 postes sur 13.000 sont menacés par le plan de transformation.

L'embauche

Le chiffre de 1.900 emplois n'est pas définitif, car de nouvelles fonctions seront créées. On parle de 1.250 embauches, soit 750 postes pour des profils ICT et 500 autres dans la division "marketing digital" et la création d'applications.

Les économies

Cette coupe dans les effectifs couplée à d’autres mesures de rationalisation des coûts doit permettre à Proximus d’économiser 240 millions d’euros sur les trois prochaines années.

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Pourquoi une restructuration aussi importante?

La digitalisation

L'opérateur justifie cette cure d'amincissement par l’accélération de la digitalisation et la demande grandissante de nouveaux types de services, le tout dans un environnement hyper compétitif. Proximus doit passer d’entreprise historiquement de connectivité vers une entreprise qui offre toute une série de services digitaux.

Un 4e opérateur

Le Fédéral a également décidé d’autoriser l’entrée en piste d’un quatrième opérateur télécom. Des enchères auront lieu et, selon le ministre Alexander De Croo, "le consommateur verra forcément sa facture baisser". Toutefois, l'arrivée de ce quatrième opérateur reste toujours aussi floue.

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Comment Proximus compte s’y prendre

Départs anticipés à la retraite

Proximus ne s'attend pas à avoir beaucoup de demandes de départs anticipés à la retraite. Pourquoi? Il y a quatre ans, l'entreprise publique avait déjà lancé un plan de départs anticipés qui s’étalait sur cinq ans. 2.500 employés y ont participé, ce qui fait dire à la direction que la mesure aura un peu plus de mal à trouver preneurs.

Ce régime de chômage avec complément d’entreprise (RCC, anciennement prépension) pourrait réduire le nombre de licenciements secs chez Proximus.

Quels sont les conditions, avantages et inconvénients de la formule?

Des départs volontaires

Proximus emploie quelque 13.280 personnes, dont un quart de statutaires qui ont été engagés sous l’ancien régime de la Régie. Pour les départs volontaires, Proximus devra s’adresser aux personnes nées à partir de 1960.


1.900 départs volontaires ou imposés?

Des formations

Pour les nouveaux postes, la priorité sera donnée aux travailleurs actuels du groupe. Des formations, dont le budget sera doublé, seront proposées aux employés de Proximus.

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Vers une privatisation?

L’Etat belge est actionnaire majoritaire (53,51%) de Proximus. Le cadre qui régit l'entreprise publique autonome (la loi de 1991) a été adapté il y a deux ans. Le but avoué était d'offrir plus d’autonomie et d’indépendance à l'opérateur historique, en supprimant notamment les commissaires au gouvernement et les recours.

L'ancien ministre des Télécoms, Alexander De Croo (Open Vld), n'a jamais caché son désir de voir l'Etat réduire la voilure dans sa participation au capital de Proximus, précisant récemment qu'il n'avait "aucun fétiche et certainement pas celui des 50% qui devraient rester entre les mains de l’Etat". Un point de vue partagé par son successeur, Philippe De Backer.