Communales 2018

Cinq propositions pour changer la ville

Par François-Xavier Lefèvre, Serge Quoidbach, Alain Narinx, Laurent Fabri, et Mathieu Colleyn.

À la veille du scrutin communal du 14 octobre, L’Echo est allé à la rencontre de cinq personnalités issues des sphères économiques, culturelles et civiles de quatre grandes villes en leur posant la question: "Si vous dirigiez votre commune, que feriez-vous?". Nous avons tiré les cinq propositions les plus révolutionnaires de leurs échanges.

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Namur Charleroi Liège Bruxelles (le 13-10)

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Cinq propositions pour changer la ville

Namur Charleroi Liège Bruxelles (le 13-10)

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Les 5 personnalités namuroises

Bertrand Guelette
1/ Bertrand Guelette | Brasserie de La Houppe

Succès brassicole namurois, La Houppe est brassée le long de la Meuse.

2/ François Nonet | Nonet construction

Basée à Floreffe, l’entreprise familiale de construction Nonet est spécialisée dans les travaux publics.

3/ Naji Habra | Université de Namur

Professeur à la faculté d'Informatique, Naji Habra est le recteur de l'UNamur.

4/ Laurence Soetens | Burogest

Situé à Loyers, Burogest est spécialisé dans la location d’espaces aux entreprises.

5/ Gille Bazelaire | Dogstudio et KIKK festival

L’agence Dogstudio développe des solutions en e-commerce et webdesign. Le KIKK est le festival des cultures digitales.

Un poste d’échevin «city marketer»

Le constat


Avant de se lancer dans la présentation du curriculum vitae de cette nouvelle fonction échevinale à la Ville de Namur, il faut se projeter dans le constat. Il est unanime! Namur souffre d’un manque d’attractivité. «Il y a une paupérisation de son centre urbain. Les entreprises s’en vont à l’extérieur, s’installent le long des nationales, et les commerces déménagent en périphérie», regrette Gilles Bazelaire.

La solution


Elle passe par la création d’un poste de city marketer au sein du conseil communal de Namur afin de mieux vendre la ville aux start-ups et au monde de la culture. «Il y a un vrai travail de marketing à faire sur Namur. Il faut mettre bien plus en avant les atouts de la ville que sont la qualité de vie et le pôle éducation. Nous devons mettre en avant une image de qualité afin d’attirer les entreprises», insiste Bertrand Guelette.

Cette idée en détail

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Une ville intergénérationnelle

Le constat


En se promenant dans Namur, il est de plus en plus fréquent de remarquer que de nombreux logements situés à l’étage des magasins restent vides. «Namur est une belle ville mais le bâti reste vieux et la rénovation luxueuse de certaines demeures ne génère que des logements chers, ce qui ne résout rien», constate Naji Habra.

La solution


Une des solutions est «d’obliger les magasins à louer leurs espaces supérieurs», avance Gilles Bazelaire. Laurence Soetens esquisse, elle, l’idée d’une taxe à l’inoccupation qui pour l’heure ne semble pas vraiment fonctionner. Cette répression ne solutionnera cependant pas le principal problème de Namur: la vétusté de son bâti dans le centre-ville...

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Un marché le dimanche et plus d’exigence culturelle

Le constat


À côté du futur piétonnier, les acteurs s’inquiètent de voir Namur s’assoupir le dimanche. «C’est une catastrophe. Il n’y a rien à faire à Namur le dimanche. Pour un touriste qui viendrait visiter la ville un dimanche, la seule chose à faire est de prendre un vélo et d’aller se promener le long de l’eau», regrette Bertrand Guelette.

La solution


«Organisons un marché le dimanche. Cela donnera une autre dynamique et ce marché aura un impact positif sur l’Horeca et il attirera les promeneurs», assure Bertrand Guelette. Mais plus largement, c’est de vitalité urbaine dans le cœur de la ville que les cinq acteurs réclament. «Il faut une réflexion sur les activités touristiques et culturelles de Namur. Notre ville doit développer son activité touristique. Namur est une ville d’eau, une ville calme et paisible. Le profil du touriste doit certainement ressembler à cette image. Un touriste qualitatif, plutôt high level», avance Laurence Soetens.

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Elargir le piétonnier à tout le centre-ville

Le constat


Comme ailleurs, dans d’autres grandes villes, les problèmes liés à la mobilité se font de plus en plus ressentir à Namur. Et la configuration de la ville avec ses écoles situées dans le centre et ses habitants résidents sur les hauteurs extérieures de Namur rend la situation de plus en plus chaotique. Ainsi, chaque matin, les grands axes de pénétration – des nationales – vers le centre, comme la chaussée de Louvain, sont saturés par des centaines de voitures. «Mais le problème dans ce dossier, ce sont les nombreux acteurs qui doivent intervenir...»

La solution


Namur dispose déjà d’une série de rues dans son centre qui sont soit entièrement piétonnes, soit fermées à la circulation des voitures le week-end. «Mais on peut aller beaucoup plus loin et rendre Namur aux piétons et aux vélos depuis le quartier de La Plante jusqu’au centre-ville, en se réappropriant notamment les berges des fleuves», estime Bertrand Guelette.

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Un lieu totémique pour faire son selfie

Le constat


Alors que Liège a sa gare des Guillemins imaginée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, Namur manque cruellement de symboles forts qui donneraient au centre-ville une image de modernité. Seule la Citadelle, vestige d’une autre époque, domine la Sambre et la Meuse. «Je crois que Namur doit oser vivre ailleurs qu’à l’ombre des remparts de notre belle Citadelle. En quelque sorte pour aller de l’avant, nous devrions oser raser la Citadelle», lance sous forme de boutade Gilles Bazelaire. Mais pour stimuler son économie, accroître son attractivité, et surtout retenir ses talents, nous devons offrir autre chose que la Citadelle comme perspectives à nos artistes, entrepreneurs et étudiants.»

La solution


Elle passe par plus d’audace architecturale dans les projets immobiliers. Les 5 acteurs insistent ainsi pour que Namur se dote d’un symbole fort et moderne. «Ce qu’il manque en fait à Namur, c’est un lieu totémique, un endroit où, quand je visite Namur, je fais un selfie. Les choses vont un peu évoluer avec la maison de la culture et le futur Grognon mais c’est encore très lent», remarque ainsi Gilles Bazelaire. Un rien provocateur,l'entrepreneur imagine déjà une tour au sommet de la Citadelle, ou dans le centre-ville! «Namur n’en a pas et c’est pourtant hautement symbolique. Pourquoi ne pas construire une tour au sommet de la Citadelle?»

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Les 5 personnalités carolos

les 5 personnalités carolos
1/ Matthieu Bakolas | Quai 10

Inauguré en 2017, le Quai 10 compte 4 salles de cinéma, une activité de gaming et la résidence des spécialistes du video-mapping Dirty Monitors.

2/ Jean-Michel Van den Eeyden | Théâtre de l’Ancre

Directeur de l’Ancre, une des antennes les plus prestigieuses du théâtre belge, né à Bruxelles, étudiant à Liège, devenu fervent carolo.

3/ Jean-Jacques Cloquet | BSCA

Ex-CEO de l’aéroport de Charleroi qu’il a dirigé pendant 10 ans, avant de décider de rejoindre le parc animalier Pairi Daiza.

4/ Virginie Dufrasne | Lixon

CEO de l’entreprise familiale de construction Lixon depuis ses 26 ans et membre du groupe d’experts Catch.

5/ Claudia Gathon | B4C

Directrice du club d’affaires Business for Charleroi (B4C), créé en 2007 et devenu un acteur du renouveau économique à Charleroi.

Créer une appli «Charleroi-Smart»

Le constat


Charleroi peine à montrer son attractivité. Pourquoi? Parce que la ville manque cruellement d’informations sur ce qu’il y a à faire, à voir, et sur la manière de "consommer" intelligemment la ville.

La solution


Rendre la ville plus Smart City en développant une appli intégrée permettant à un quidam d’introduire la date du jour de sa visite à Charleroi et de découvrir tout ce que la ville lui propose. Une appli ciblant autant les visiteurs occasionnels (touristes) que les "utilisateurs" réguliers, et regroupant toutes sortes d’informations comme les activités culturelles, les facilités de transport, les différents commerces, les restaurants, cafés, etc.

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Des navettes à 1 euro dans la ville

Le constat


Le centre-ville est engorgé. Un nouveau plan de stationnement a été mis en place, les parkings pour vélo se développent, mais s’il y a très peu de pistes cyclables dans la ville, à quoi bon? Bref, c’est encore le tout à la voiture.

La solution


Créer de vrais parkings de délestage aux entrées de la ville, par exemple dans quatre des cinq districts entourant la ville. Les parkings disposeraient de suffisamment de places pour accueillir la périphérie et seraient alimentés par des bus/navettes pour desservir les quatre coins de la ville, à raison d’une navette toutes les 10 minutes aux heures de pointe, le tout à un tarif attractif (maximum 1 euro).

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Vendre le Biopark et investir dans les bâtiments délabrés

Le constat


Découvrir Charleroi, c’est passer devant des bâtiments délabrés, abandonnés ou en ruine. La ville se transforme (District Créatif, rives de la Sambre…), mais il reste beaucoup à faire. À l’opposé, le Biopark est une ruche bourdonnante mais… à l’extérieur de la ville.Et ce constat: Igretec, intercommunale de Charleroi, est très active dans la conception, le suivi de la construction et la location des immeubles de bureaux à Gosselies (Sonaca, Biopark, etc.). Est-ce le rôle d’une institution publique que de louer des immeubles à long terme? Alors qu’elle pourrait profiter de cette opportunité unique d’avoir autant de zones à l’abandon, puisque c’est autant de projets possibles.

La solution


Vendre certains actifs de Gosselies, et utiliser ces fonds pour restaurer ou reconstruire les immeubles à l’abandon, recréer des quartiers dans lesquels les infrastructures donnent envie d’y être, d’y vivre ou d’y travailler.

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Créer son entreprise en 6e secondaire

Le constat


Le nombre d’entrepreneurs à Charleroi est à la traîne par rapport au reste de la Wallonie. Selon les derniers chiffres de l’Agence intermutualiste, Charleroi a deux fois moins d’indépendants (4,3%) que la moyenne wallonne. Et si des start-ups prestigieuses se créent, au Biopark notamment, elles ne sont que rarement le fait d’autochtones. Pourquoi les jeunes Carolos sont-ils si rétifs à la création d’entreprise?.

La solution


Pour sensibiliser les jeunes à l’entrepreneuriat, il faut commencer tôt, au sein d’un cursus dès la sixième secondaire, par exemple. Et rien de tel que de passer directement à la pratique: a création concrète d’une entreprise.

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Rendre la culture gratuite pour les moins de 18 ans

Le constat


Charleroi possède quelques-unes des plus belles pépites culturelles du pays (Musée de la Photographie, Charleroi danse, BPS22, Théâtre de l’Ancre, etc.). Pourtant, ces lieux sont souvent fréquentés par une élite venant d’en dehors de la ville, et par un public plus âgé. Or, pour renouer à long terme la ville et sa culture, il faut commencer par les jeunes.

La solution


Rendre la culture gratuite pour les moins de 18 ans à Charleroi. Cet accès gratuit serait cofinancé par la ville et les opérateurs culturels: chaque opérateur culturel s’engagerait à reverser un pourcentage de sa subvention communale dans un fonds géré par la ville (ce pourcentage serait établi en fonction de la taille du subside initial). La ville, pour sa part, s’engage à alimenter le fonds à la hauteur des cotisations de tous les opérateurs culturels. On disposerait alors d’une enveloppe considérable qui permettrait de rendre la culture gratuite pour les jeunes. En fonction du montant du subside reçu par la ville, l’opérateur s’engagerait à amener (gratuitement) un nombre de jeunes par année à la culture.

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Les 5 personnalités liégeoises

les 5 personnalités liégeoises
1/ Amandine Sanfratello | Taste of Liege

Taste of Liège organise des visites guidées combinant culture, gastronomie et convivialité. La start-up a été finaliste du Business Women Trophy en 2018.

2/ Bruno Venanzi | Standard de Liège

Plus "Rouche" que lui… Bruno Venanzi est passé sans ambages de l’énergie à la présidence du Standard..

3/ Philippe Lallemand | Ethias

CEO de la compagnie d’assurance Ethias, Philippe Lallemand est au cœur de la vie économique liégeoise.

4/ Laurent Minguet | IMG

Fondateur de EVS, Laurent Minguet est devenu business angel et porteur de projets innovants notamment en énergies renouvelables.

5/ Serge Rangoni | Théâtre de Liège

Bruxellois d’origine, Serge Rangoni est Liégeois de cœur depuis qu’il dirige le Théâtre de Liège.

Se réapproprier la Meuse

Le constat


Comme la plupart des grandes villes belges, Liège souffre de son… immobilité. Aux heures de pointes, les entrées de la ville sont engorgées, paralysées par de longues files de voitures qui viennent s’engluer dans le centre à la vaine recherche d’un parking.

La solution


En attendant le tram, sans doute à l’horizon 2020 au mieux, et compte tenu des nuisances que les travaux vont occasionner dans la ville, l’alternative pourrait être… la navette fluviale.

Cette idée en détail

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Activer les réseaux pour créer une "Silicon Valley"

Le constat


Liège et ses environs comptent bon nombre d’entreprises IT performantes (NRB, NSI Leansquare…) qui constituent d’importants vecteurs économiques, technologiques et sociaux. Mais les compétences dans le secteur IT, comme dans le secteur biotech par exemple sont souvent morcelées et peu partagées.

La solution


"Quel que le soit le secteur, on ne peut arriver très loin seul. Il faut accroître le travail en réseau", estime Philippe Lallemand. L’exemple de Bridge2Health dans le secteur biomédical est intéressant. Cette plateforme qui réunit l’Université, le CHU, la Région et Meusinvest, vient soutenir les entreprises du secteur des sciences et de la santé qui veulent se développer à Liège. "Pas question de créer un nouveau "machin" avec des postes à pourvoir", insiste Lallemand, "mais de développer et rendre plus efficace ce qui existe. Et faire en sorte que cela devienne emblématique de la ville"

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Un Fonds pour booster de nouveaux projets dans les commerces vides

Le constat


La dévitalisation des commerces en centre-ville a souvent été de pair avec le développement de centres commerciaux en périphérie. Liège n’a pas échappé à ce phénomène et de nombreux commerces vides donnent une image négative de la Cité ardente.

La solution


L'idée est de créer un Fonds de la Ville soutenant quelques projets souhaitant s'installer dans des commerces vides (en collaboration avec les propriétaires publics ou privés). Ces projets auraient l'obligation d'être accompagnés par une couveuse d'entreprises, un incubateur ou autre, seraient sujets à une évaluation de la viabilité du projet sur la base d'un dossier (business model, plan financier, etc.) et se présenteraient devant un jury. Les lauréats de ce Fonds annuel recevraient une aide afin de payer les premiers mois de loyer car c'est généralement là qu'il est difficile de rentabiliser son activité (importantes dépenses d'investissement effectuées, création d'une première clientèle, etc.).

Cette idée en détail

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Ramener l’université au centre-ville

Le constat


Le rêve d’un campus universitaire décentré mais générateur d’une nouvelle urbanisation dans le cadre de l’extension naturelle de la ville n’a pas pris. Cinquante ans après le déménagement de l’université sur le site du Sart Tilman, le campus reste morcelé, génère peu de vie et cause des problèmes endémiques de mobilité faute de logements et de divertissements sur ou à proximité du site. Le bus 48 est pris d’assaut et ne suffit pas à transférer la population étudiante du centre vers le campus.

La solution


"Pourquoi ne pas redescendre l’université en ville?", s’interroge Philippe Lallemand. L’idée n’est pas totalement neuve et a déjà été initiée par Arthur Bodson dès les années 1990. Certaines sections ont depuis fait l’objet d’extension en ville au centre Opéra notamment.

Cette idée en détail

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Le chauffage urbain alimenté par les industries

Le constat


On ne vous fait pas un grand discours: l’efficacité énergétique est un enjeu majeur, que ce soit pour des raisons environnementales ou économiques. Les villes peuvent être des acteurs importants en la matière. Or, Liège a un atout dans sa manche…

La solution


La Ville de Liège devrait mettre en œuvre comme à Copenhague et de nombreuses villes d’Europe, un réseau de chauffage urbain alimenté par la chaleur fatale des industries et de l’incinérateur Uvelia (situé à Herstal) ou de chaufferie biomasse comme alternative au chauffage au gaz. C’est Resa qui devrait réaliser les investissements avec les revenus de distributions de gaz et d’électricité pour développer son métier futur de distribuer la chaleur (verte).

Cette idée en détail

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