Nos révélations chocs à nous

L’EchoLeaks révèle les incroyables informations auxquelles nos journalistes ont eu accès durant l’année 2016. Elles vous éclairent sur les coulisses des grands dossiers de l’année: ce qui se cache vraiment derrière la "victoire" wallonne dans les négociations sur le Ceta. Ou ce que masquent les ambitions de Marc Coucke à Nassogne… Et on vous révèle même la mission secrète de Draghi en Belgique.

Pourquoi ne vous a-t-on pas fourni ces informations plus tôt? Parce que nous-mêmes n’y croyions pas. Voici l’EchoLeaks. Ou nos élucubrations de fin d’année.

1. Alerte, la frite-mayo en danger

LES FAITS Ce n'est pas donné à tous les Wallons, et encore moins à tous les ministres-présidents de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais Paul Magnette l'a fait. Il est parvenu à faire la Une des journaux de l'autre côté de l'Atlantique, devenant pour certains un infernal Monsieur Non, pour d'autres, un Astérix qui résisterait encore et toujours à l'envahisseur (comprenez ici, la mondialisation).

Le bilan est globalement positif pour le politicien. En refusant que la Wallonie adhère au traité de libre-échange entre l'Union Européenne et le Canada, il a rallié à sa cause une bonne partie de l'opinion publique, imprimé un coq wallon sur un traité européen, résisté aux pressions du 16 et du Berlaymont.

Chapeau bas donc pour Wallonix ! Il a empêché que "des hordes de bœufs aux hormones ne traversent l'Atlantique à la nage pour inonder les assiettes wallonnes." Et on le comprend, on a déjà assez avec notre blanc-bleu-belge.

LE LEAKOn a déjà beaucoup écrit sur les coulisses de ces tractations. Sur les motivations des uns, les arguments des autres. Mais une série de documents nous ont permis de mettre en lumière un élément jusqu'ici passé complètement inaperçu. Et en particulier un courriel échangé entre Justin Trudeau, Paul Magnette et William Tremblay, PDG de la société Poutinette.

De: william.tremblay@poutinette.ca

A: justin.trudeau@premierministre.ca; paul.magnette@wallonia.be

Sujet: expansion européenne / Ceta

Messieurs,

Je vous remercie de prendre tellement à cœur le développement des entreprises canadiennes et belges via la signature prochaine du Traité Ceta. Notre entreprise, spécialisée dans la production de poutine, va profiter de l'occasion pour commercer davantage avec la Belgique, qui regorge selon nous d'opportunités. Votre pays est en effet sans contestation possible, le Royaume de la frite. Et nous développons une sauce qui se marie à merveille avec votre fer de lance de la gastronomie belge.

Nous voudrions donc prendre rendez-vous avec l'un des vos responsables des échanges internationaux afin de voir ensemble quelle win-win collaboration nous pourrions envisager.

Dans l'attente de vous rencontrer, nous vous faisons déjà parvenir un échantillon de nos produits.

Ce mail fut la muette de Portici du soulèvement wallon. Ici, un petit mot d'explication s'impose. La poutine, c'est un mélange de cheddar (encore appelé couic-couic en référence au bruit qu'il fait quand on le mange) et de sauce brune dont les Québécois raffolent et dont ils inondent leurs frites (oui, vous pouvez être écoeurés à la lecture de cette ‘recette').

Devant l'imminence du danger, Magnette et consorts se devaient de réagir. D'autant que la Fédération horeca, le groupement de la Frite d'or, Devos&Lemmens prenaient déjà les armes, prêts à défendre le bon vieux cornet-mayonnaise. Ils ont d'ailleurs trouvé un allié dans les autorités du pays qui, de leur côté, avaient introduit auprès de l'Unesco un dossier de reconnaissance de patrimoine pour nos bintjes dorées.

Le consortium derrière cet Echoleaks nous permet donc aujourd'hui d'affirmer que si la Wallonie semblait seule dans le combat anti-Ceta, c'était en réalité l'ensemble du pays qui faisait front. Afin qu'un fleuron national ne finisse pas noyé sous un déluge de poutine.

2. La véritable histoire des loups wallons

LES FAITS Son investissement dans Pairi Daiza lui a visiblement mis l’eau à la bouche. Depuis, l’amour de Marc Coucke pour la Wallonie n’a plus de limites. La Petite Merveille, Durbuy Aventure et plus récemment encore le domaine d’Hottemme… Le serial entrepreneur y investit tous azimuts.

Et quand il n’est pas occupé d’étendre ses ramifications au sud du pays, le milliardaire belge revient à ses premières amours. Marc Coucke a en effet repris à Perrigo – le groupe qui lui a racheté son bébé Omega Pharma – la marque de compléments alimentaires, Etixx. Une marque bien connue des sportifs et en particulier des équipes Etixx-Quick Step (cyclisme), Castors Braine (basket) et le KV Ostende (football). Trois autres bébés de l’homme d’affaires.

De quoi consoler l’homme qui se voit quand même accusé par Perrigo d’avoir embelli les comptes pour lui vendre sa société. Et qui frémit à chaque fois que le gouvernement ressort le dossier de la taxation des plus-values.

Année chargée sans aucun doute pour l’entrepreneur.

LE LEAKL'information selon laquelle un loup aurait été aperçu par des chasseurs à Masbourg (commune de Nassogne) n'avait pas ému grand monde. A cette époque, le ministre wallon de la Nature, René Collin (CDH), avait confirmé: après 118 ans d'absence, le loup était bel et bien de retour en Wallonie. Soit.

Au début du mois de décembre, les événements ont pris une nouvelle tournure. Deux hommes habillés comme des chasseurs se sont présentés à l'accueil de l'Echo. Ils nous ont remis une clé usb et sont partis sans demander leur reste. Ce qui nous avons trouvé sur la clé est édifiant. Voici la vérité sur le retour des loups en Wallonie, ou comment l'économie et l'environnement s'allient et imaginent un plan maléfique en toute discrétion.

Le premier dossier de la clé usb intitulé ‘correspDOM/COU.11-16' nous a laissés sans voix.

De: Marc_Coucke@gmail.com

A: EricDomb@pd.be

Sujet: ID

Envoyé: 14 novembre 2016 à 11h09

Dag Eric,

OK. Loups ready. Klaarmeken. Moeten Polen, Pologne. 1000 euros voor 1 adulte. 750 >>> BB.

10 mogelijk. Tu mappele?

Marc

De: EricDomb@pd.be

A: Marc_Coucke@gmail.com

Sujet: re: ID

Envoyé: 14 novembre 2016 à 13h54

Marc,

Excellente nouvelle. Enfin ! J'ai eu le ministre Collin en ligne, il est ravi. Il nous apporte tout son soutien. C'est une bonne chose. Je te propose de partir en Pologne jeudi soir, je connais quelques bonnes petites adresses sur la route. On devrait arriver à Ustrzyki Gorne samedi matin. On embarque les loups et on revient en Belgique. Un largage en forêt de Nassogne serait idéal. Avec des loups dans les parages, plus grand monde n'oserait remettre mon projet de privatisation de la forêt en question. Par ailleurs, le ministre me dit que notre projet de racheter un tronçon de 50 kilomètres de la Lesse pour y laisser les hérons se reproduire devrait passer comme une lettre à la poste. Il est OK pour tu fasses construire 3.500 chalets au bord de la rivière. Tu verras, à cette allure, tu finiras au 16 rue de la loi. Go, Marc, go! On se voit jeudi.

Eric

Un autre dossier intitulé "Pic_UG.gif" a également attiré notre attention. Il s'agit en réalité de photos de piètre qualité. On y voit un gars en costume bleu électrique et chaussé avec des mocassins arc-en-ciel serrer la main d'un type habillé en garde-chasse se pavanant devant une camionnette flanquée du logo K.V. Oostende en pleine forêt. Il s'agit vraisemblablement de Marc Coucke et Eric Domb.

Enfin, une autre montre le gars en costume bleu électrique laissant filer un loup dans la forêt.

Le retour du loup en Wallonie n'est donc pas une fiction. L'opération cache un enjeu économique et financier censé sceller l'alliance conclue entre Marc Coucke et Eric Domb, deux financiers utopistes aux dents plus longues que le premier loup venu.

3. On a échappé à un beau remaniement ministériel

LES FAITS Les députés s'impatientent. Pas un ministre sur le banc du gouvernement de la Chambre. Pourtant, c'est le jour de la rentrée officielle. La tradition veut que le Premier ministre vienne avec son équipe pour exposer les grandes lignes de l'action de son gouvernement pour l'année à venir.

Mais les ministres ont du mal à s'accorder sur les chiffres du budget. Pire, plusieurs partis de la majorité durcissent leurs positions. Kris Peeters n'obtient pas ce qu'il veut. Il quitte les négociations par la petite porte. Et les déchirements de la Suédoise se répandent dans la presse. Résultat, Charles Michel n'a d'autre option que de reporter sa déclaration de politique générale.

Une défaite symbolique pour les observateurs extérieurs, un aveu de démission pour les opposants les plus farouches, une crise au sein du gouvernement.

Le MR arbitre la dispute de ses partenaires flamands. "Non, Kris, c'est trop à gauche"; "Tu es sûr, Alexander?" "Vous m'énervez les amis, je suis obligé d'annuler mon voyage au Japon".

Willy Borsus, envoyé à la rescousse, se fraie un chemin au milieu des railleries de l'opposition. "Grève surprise au gouvernement" ou encore "c'est du jamais vu". Il sera rejoint sur les bancs réservés aux membres du gouvernement par Pieter De Crem. Et, ce qui avait jusqu'ici des allures de crisette devient une crise gouvernementale sérieuse.

LE LEAKCharles Michel se présente enfin au Parlement… Les mains dans le poche, car il n'y a toujours pas de budget. A ses côtés, les membres du gouvernement tentent de montrer un semblant de cohésion. Il leur reste quelques courtes nuits à passer ensemble pour rapiécer la bonne entente de façade et coucher tout cela dans un tableau comptable. Dans les travées de l'assemblée, on aperçoit Bart De Wever. Le président de la N-VA a le don de remplacer les grincements de dents de l'opposition par des "Qu'est-ce qu'il fait là?" ou un, plus vindicatif, "Est-ce lui le vrai chef du gouvernement?" lâchés à son passage.

L'homme fort d'Anvers n'est pas bien réveillé. Tenait-il la calculatrice lors des négociations de cette nuit? Bart De Wever s'éloigne du charivari parlementaire, direction la cafeteria du Parlement. Une photo publiée sur Twitter en atteste alors.

De Wever est entouré par ses collaborateurs. Il griffonne nerveusement des mots sur la serviette estampillée des armoiries de notre pays. L'exercice a l'air de l'amuser. Quand une personne passe derrière lui, il glisse discrètement son bras sur le papier pour ne rien laisser fuiter. De temps en temps, celui qui est devenu en une décennie un incontournable des arcanes du pouvoir demande conseil à son voisin, rigole et annote son texte.

Quelques secondes plus tard, il semble mettre un point final à l'ouvrage, plie la serviette en deux, puis en quatre. Le précieux écrit rangé dans son veston, il quitte sa table. Voyant finalement le Premier ministre réussir son numéro de prestidigitateur et que l'assemblée est encore prête à donner une nouvelle chance au gouvernement Michel, Bart De Wever ressort le papier pour immédiatement l'enfouir dans une poubelle.

Nous n'étions pas loin. La serviette récupérée, nous tombons sur un curieux "cadavre exquis institutionnel". Nous tentons à présent toujours de déchiffrer les intentions du président de la N-VA. Ce n'est pas facile. Si on a bien compris, il s'agit d'un jeu de chaises musicales au gouvernement et auprès des autres grandes adresses du pays. À côté de "Buitenlandse Zaken" se trouve le nom du Prince Laurent. Jo Cornu est recasé en ministre des Pensions.

A la Justice, Koen Geens cède sa place à Armand De Decker qui serait secondé par Franco Dragone dans les dossiers de fraudes fiscales. D'autres figures du privé sont logées à bonne enseigne avec Rik Vandenberghe, CEO d'ING Belgique, ministre de l'Emploi ou encore Marc Coucke, tout bonnement ministre-président wallon et délégué au Tourisme au Fédéral. Arno donne une touche ‘people' à la bande à De Wever en devant ministre de la Santé. Il aura comme collègue une certaine Delphine Boël, ministre de la Famille. Et pour diriger le tout, le très consensuel Helmut Lotti, catapulté Premier ministre, une marionnette inespérée pour chef De Wever et son casting des plus acides.

4. L’effet de "Maas" casse l’ambition de bpost

LES FAITS Bpost a voulu racheter son rival néerlandais PostNL. Après une première approche manquée en mai 2016, notamment suite à une "fuite" malheureuse dans la presse aux Pays-Bas, l'opérateur postal belge est revenu à la charge en novembre. Soucieux de rester dans le cadre d'une offre amicale, il a proposé, début novembre, une série de conditions, dont le prix, au conseil d'administration et au conseil de surveillance du postier historique néerlandais, dans l'espoir d'entamer des négociations de fusion.

Les "boards" de PostNL ont décliné l'invitation tout en égrenant les raisons de leur feu rouge: ils ont notamment jugé le prix trop bas, les garanties insuffisantes et le poids de l'Etat belge dans le capital de bpost comme étant un inconvénient majeur. Bpost est revenu à la charge à la fin du mois en relevant son prix et en ajoutant une couche à ses garanties. Peine perdue: les conseils de PostNL ont à nouveau refuser d'ouvrir la discussion, plus sur la base du prix, mais entre autres toujours en raison de l'Etat belge actionnaire.

Dans leur lettre de refus, les administrateurs de PostNL ont cité le gouvernement et le Parlement néerlandais, relayant les objections soulevées par ces derniers au projet de fusion. Koen Van Gerven, le CEO de bpost, a confirmé ensuite, dans une interview à "L'Echo", que le projet avait capoté en raison de l'immixtion du politique dans le dossier. De ce fait, a-t-il dit, l'émotionnel a pris le pas sur le rationnel dans l'analyse du projet par les Néerlandais. Dommage, l'occasion était belle de créer le quatrième opérateur postal européen, dans un secteur où les défis ne manqueront pas ces prochaines années.

Un drôle de troc

Une semaine avant que bpost ne formule sa dernière offre à PostNL, nos souverains et notre ministre des Affaires étrangères avaient conclu leur visite d'Etat aux Pays-Bas par la signature d'un accord d'échange de territoires. Le traité signé par Didier Reynders et son homologue néerlandais Bert Koenders prévoit la cession par les Belges de 16,4 hectares de terres aux Pays-Bas en échange du retour en Belgique de 3,1 hectares de terres bataves. Un curieux troc, justifié par la modification du tracé de la Meuse un siècle après la fixation des frontières dans la région de Visé, Maastricht et Eijsden. L'apparente inégalité dans les deux plateaux de la balance a été justifiée par l'octroi d'une écluse aux Belges. N'empêche que notre pays y a perdu 13,3 hectares nets de terres, ce qui, au prix de marché du terrain, fait cher l'écluse…

LE LEAKIl nous revient qu'en réalité, les deux événements sont corrélés: l'échange de terrains et le refus opposé au projet de bpost. A l'occasion de la négociation territoriale entre les deux Etats, voyant avec quelle facilité ils manœuvraient leurs "adversaires", les politiciens néerlandais se sont souvenus que quand on bataille avec des Belges, il y a toujours moyen de gagner. Dans le milieu des affaires, c'est en effet devenu une tradition.

Les exemples fourmillent: on rappellera le cas de la banque ING, qui a racheté la BBL, celui du brasseur Heineken, qui a absorbé Alken Maes, celui plus récent du distributeur Ahold, qui a fini par se payer Delhaize… On rappellera aussi que l'opérateur télécoms KPN a failli racheter Belgacom (Proximus) ou que la banque ABN Amro a fini par… quitter Fortis.

Dans ce contexte, le gouvernement néerlandais n'a guère apprécié l'approche conquérante de PostNL par les petits Belges de bpost. C'est le genre de choses qui ne se fait pas: racheter son concurrent belge, d'accord, se faire racheter par lui, pas question!

Il en va de l'honneur des Néerlandais. Inspiré par sa réussite dans la négociation du nouveau tracé des frontières, le ministre des Affaires étrangères Bert Koenders a enjoint à son collègue de l'Economie, Henk Kamp, de suivre son exemple. Ce qu'a aussitôt fait Kamp, en clamant urbi et urbi tout le mal qu'il pensait d'un tel mariage et en suggérant aux "boards" de PostNL d'arguer de la position de l'Etat belge dans le capital de bpost pour disqualifier le projet.

Pour être sûrs de l'emporter, ils ont également poussé les représentants du personnel du groupe à publier un communiqué anti-belge. C'était facile: il suffisait de brandir une menace, réelle ou imaginaire, pour l'emploi. Et hop, c'était ficelé! PostNL a obéi au ministre le doigt sur la couture du pantalon. Résultat, les Pays-Bas sont restés vainqueurs sur le terrain (les 13,3 hectares mosans) et invaincus dans le business ("PostNL blijft NL"). La Meuse continue de couler entre les deux pays, mais est de plus en plus "Maas".

5. La mission secrète de Draghi en Belgique

LES FAITSTout au long de cette année 2016, la Banque centrale européenne (BCE) et son président Mario Draghi ont été aux avant-postes. On attend en effet de l'institution qu'elle relance l'inflation autour de 2%, signe d'une économie dynamique. Pour arriver à cet objectif, le taux directeur a été ramené à 0% et celui accordé aux banques lorsqu'elles effectuent des dépôts auprès de la BCE est même passé en territoire négatif (-0,4%). En plus de ces mesures classiques, la BCE rachète tous les mois un maximum de 80 milliards d'actifs financiers. Ce programme d'assouplissement monétaire a été prolongé en décembre jusqu'à fin 2017 mais les rachats seront, à partir d'avril, limités à 60 milliards mensuels.

Sueurs froides

La BCE doit par ailleurs veiller à la bonne santé des banques européennes afin d'assurer la stabilité financière et empêcher l'apparition de risques systémiques. Le vote en faveur du Brexit, les problèmes de créances douteuses de certaines grandes banques italiennes et les déboires américains de la Deutsche Bank ont assurément provoqué quelques sueurs froides dans les couloirs feutrés de l'établissement francfortois.

LE LEAKGrâce à des échanges de mails piratés par des hackers d'une fondation inconnue jusqu'ici et baptisée "On My Dead Body" nous sommes en mesure de vous révéler le scénario, évité de justesse, qui aurait sans doute plongé notre pays dans une nouvelle crise financière cataclysmique.

Usant de son réseau international, un certain M.L. domicilié à Knokke aurait convaincu les plus hautes sphères financières européennes de réaliser un swap entre le gouverneur de la Banque nationale de Belgique Jan Smets et le président de la BCE, Mario Draghi. Avantage financier de cet échange: Jan Smets dispose déjà d'un salaire digne des cénacles européens même s'il ne jouit pas d'un abonnement de train comme son homologue suisse (sic). Mais la SNCB a promis d'examiner son dossier.

La mission, hautement confidentielle, de Mario Draghi en Belgique aurait été la suivante. Fort de son expérience auprès de la banque d'affaires Goldman Sachs où les fusions et acquisitions se bouclent au même rythme que s'enfournent les pains au chocolat chez le boulanger, il aurait dû réunir au sein d'un même groupe Belfius, Ethias et Ageas. Une tâche hautement délicate en raison notamment de l'actionnariat public de l'assureur liégeois. Mais on ne l'appelle pas "Super Mario" pour rien et son caractère jovial de gai luron aurait certainement aidé à aplanir les angles communautaires.

Une fois ce nouveau bancassureur belge mis sur les rails et introduit en Bourse pour renflouer en partie les caisses de l'Etat, Draghi devait partir à l'offensive et marquer les esprits en créant enfin un établissement de crédit à taille européenne qu'il appelle depuis longtemps de ses vœux. Pour cela, le nouveau groupe devait lever 75 milliards d'euros grâce à des actifs adossés sur des positions short sur le franc CFA et des options call sur le Tugrik, la monnaie mongole. Et lancer ensuite une OPA hostile sur BNP Paribas afin de lui reprendre sans état d'âme ce qui constituait le joyau de la finance populaire belge: le réseau Fortis.

Le scénario prévoyait ensuite le démantèlement complet de cette banque française arrogante avec revente par appartement à la Royal Bank of Scotland et Santander. La nouvelle grande banque belge aurait embrassé un destin européen en rachetant pour quelques poignées de milliards quelques banques italiennes en difficulté comme Banca Monte Paschi di Sienna.

Mais ce scénario hallucinant inspiré par des complotistes côtiers n'a pas vu le jour pour une question d'ego, Mario Draghi et M.L. se disputant la présidence de ce nouveau fleuron financier. Dotée d'un abonnement à la SNCB.

Que nous prépare 2017? Chers lecteurs, c’est promis, nos plus fins limiers sont à l’affût. On traque le moindre document qui vous fera voir autrement les grands événements. A l’année prochaine!