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Les dividendes,
la question à 12 milliards

Les entreprises belges cotées récompensent leurs actionnaires. Collectivement, elles ont versé plus de 12 milliards d'euros de dividendes au titre de l'exercice 2017.

La politique de dividende des sociétés belges cotées est-elle pérenne ? Pour répondre à cette question, on ne peut se contenter de prendre en compte le rendement du dividende. Les entreprises essaient de conserver un matelas de sécurité pour investir ou pour faire face à d’éventuels vents contraires. C’est pourquoi elles préfèrent ne pas distribuer la totalité des bénéfices sous forme de dividendes.

Dans un monde idéal, il vaut donc mieux combiner un bon rendement du dividende avec un taux de distribution relativement bas. En d’autres termes: il vaut mieux se retrouver dans la partie supérieure gauche du graphique.

Quest for Growth

Cette société d’investissement est légalement tenue de distribuer la presque totalité des bénéfices réalisés pendant l’excellent exercice 2017. Afin de conserver davantage de cash pour réaliser des investissements, l’entreprise donne à ses actionnaires la possibilité d’opter pour un (généreux) dividende en actions plutôt qu’en numéraire.

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Euronav

L’armateur spécialisé en tankers a enregistré en 2017 un bénéfice proche de zéro, à cause de conditions de marché difficiles. Malgré tout, il distribue le dividende minimum promis. Ce mini-dividende est encore 17 fois supérieur au bénéfice.

Voici le graphique avec toutes les entreprises.

D'Ieteren

D’Ieteren saute directement aux yeux. Les investisseurs obtiennent ici un rendement de 11,4% pour un pourcentage de distribution de 187%.

Quest for Growth, Euronav et D’Ieteren sont des cas particuliers. La majorité des entreprises ont un rendement ou un pourcentage de distribution plus faible. Changeons l’échelle du graphique pour les rendre plus visibles.

CFE

CFE est l’exemple même d’une saine politique de dividende. Le groupe de dragage offre un rendement décent, mais pas spectaculaire. Il ne distribue qu’un tiers de ses bénéfices, ce qui lui permet d’augmenter chaque année son dividende, comme ce fut le cas pour l’exercice 2017.

Le secteur des biotechs

Toutes les sociétés biotechnologiques affichent un double zéro: elles ne distribuent pas de dividende étant donné qu’elles ne réalisent pas de bénéfices. À cause des coûts élevés de développement de nouveaux médicaments, le secteur est presque structurellement dans le rouge, avec pour résultat que l’argent vient plutôt des actionnaires que l’inverse.

Lotus

Le dividende de Lotus Bakeries est bien maigre, avec 0,8% de rendement brut. Cette situation s’explique surtout par la hausse spectaculaire du cours de Bourse de l’entreprise. L’investisseur à long terme qui a acheté ses actions autour de 40 euros en 2001 bénéficie aujourd’hui d’un rendement brut de 50% !

KBC

KBC combine un beau rendement de 4% avec un pourcentage de distribution relativement faible (50%). Par ailleurs, le groupe de bancassurance rachète pour 200 millions d’euros d’actions propres, non pas pour les détruire, mais en prévision de plans d’options pour son personnel, ce qui lui permet d’éviter toute dilution pour les actionnaires actuels.

Survolez les différents points pour découvrir les entreprises.

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Texte: Kurt Vansteeland, design: Thomas Roelens