Nous avons dressé la liste des coalitions possibles au Fédéral, à Bruxelles et en Wallonie. En privilégiant les plus vraisemblables et rayant les plus improbables. Promenez-vous donc dans cette forêt de gouvernements.
Idée et scénarios: Vincent Laborderie. Texte: Benoît Mathieu | 17 mai 2019 Vidéos: Clément Bacq | Concept & développement: Benjamin Verboogen
C’est vrai. La politique belge est dotée de ce petit parfum d’imprédictibilité qui fait partie de son charme. Bien malin qui pourra prédire tous les développements et rebondissements qui suivront le triple scrutin du 26 mai.
Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas possible d’anticiper un brin. En repérant les coalitions qui ont le plus de chances de l’emporter, en écartant les plus farfelues. Le tout, sur la base de la donne politique actuelle ou des préférences et exclusives des uns et des autres.
C’est ce que nous avons fait, avec l’aide du politologue Vincent Laborderie (UCLouvain). En développant cet outil vous permettant de naviguer parmi les coalitions possibles. Perdez-y vous: il y a de fortes chances que vous y croisiez vos prochains gouvernements. Autant savoir, et comprendre le chemin qui y a mené.
Découvrir la méthodologie de ce projet
Cet outil de prospective a été développé par Vincent Laborderie. Et il ne s’agit en rien d’une sorte de boule de cristal politique. «La prospective ne consiste pas à prévoir l’avenir, précise le politologue (UCLouvain). Mais à élaborer des scénarios que l’on qualifie de probables, possibles, improbables ou impossibles, à partir des perceptions du moment et sur la base des données disponibles.» Tout en mettant en lumière les éléments menant à un scénario ou l’autre. L’ensemble devra donc être réévalué à l’aune des résultats du 26 mai prochain.
En attendant, voici comment notre outil a été conçu.
Première étape: déterminer quelles coalitions risquent de décrocher une majorité dans les différents parlements – l’exercice a été réalisé aux étages bruxellois, fédéral et wallon. Pour ce faire, il y a, bien sûr, les sondages. «Pondérés et redressés», glisse Vincent Laborderie. Notamment en intégrant le fait que certains partis, comme le CD&V, le cdH ou le PS à Bruxelles, sont systématiquement sous-évalués dans ce genre d’exercice. Comme les sondages ne sont pas tout, les résultats du scrutin provincial – cet excellent baromètre – sont intégrés à la donne. Tout comme les incertitudes liées à la taille des différentes circonscriptions et les possibles transferts de voix entre partis d’une même coalition.
Résultat? Un classement en cinq catégories, allant de «quasi certaine» à «très peu probable», en passant par «probable» (plus de 50% de chances), pour qualifier leurs chances d’avoir une majorité au Parlement.
Seconde étape, on écrème. En écartant les partis a priori exclus des coalitions, comme le Vlaams Belang et le PTB. Et ceux dont on sait qu’ils ne décrocheront pas un nombre de sièges suffisant pour peser dans le processus d’élaboration d’un gouvernement, comme les Listes Destexhe, le PP ou encore DéFI en Wallonie.
Et en évacuant de même une série de coalitions. Les inutilement larges, dont certaines composantes ne seraient pas nécessaires pour constituer une majorité – seul l’échelon communal se livre à cet exercice qui complique l’élaboration d’un accord de majorité et dilue le nombre de postes par parti. Ainsi, une coalition PS-Ecolo-MR en Wallonie ne sera-t-elle pas envisagée.
Exit également les coalitions improbables. Soit qu’elles ne risquent pas de réunir une majorité, soit que leur composition même défie l’entendement, du fait de divergences programmatiques. On sait ainsi que la N-VA n’entend pas mener de cohabitation fédérale avec le PS ou les écologistes d’Ecolo ou de Groen. À envisager uniquement en dernier recours.
Reste à incorporer le dernier ingrédient: les affinités entre partis. Dans un monde idéal, vers quelles coalitions tendraient-ils? Ce qui permet d’affirmer que le MR privilégiera une suédoise à un arc-en-ciel, et qu’Ecolo se sentira plus à l’aise au sein d’un olivier qu’à bord d’un attelage jamaïcain.
Voilà, vous savez (presque) tout.
Cet outil de prospective a été développé par Vincent Laborderie. Et il ne s’agit en rien d’une sorte de boule de cristal politique. «La prospective ne consiste pas à prévoir l’avenir, précise le politologue (UCLouvain). Mais à élaborer des scénarios que l’on qualifie de probables, possibles, improbables ou impossibles, à partir des perceptions du moment et sur la base des données disponibles.» Tout en mettant en lumière les éléments menant à un scénario ou l’autre. L’ensemble devra donc être réévalué à l’aune des résultats du 26 mai prochain.
En attendant, voici comment notre outil a été conçu.
Première étape: déterminer quelles coalitions risquent de décrocher une majorité dans les différents parlements – l’exercice a été réalisé aux étages bruxellois, fédéral et wallon. Pour ce faire, il y a, bien sûr, les sondages. «Pondérés et redressés», glisse Vincent Laborderie. Notamment en intégrant le fait que certains partis, comme le CD&V, le cdH ou le PS à Bruxelles, sont systématiquement sous-évalués dans ce genre d’exercice. Comme les sondages ne sont pas tout, les résultats du scrutin provincial – cet excellent baromètre – sont intégrés à la donne. Tout comme les incertitudes liées à la taille des différentes circonscriptions et les possibles transferts de voix entre partis d’une même coalition.
Résultat? Un classement en cinq catégories, allant de «quasi certaine» à «très peu probable», en passant par «probable» (plus de 50% de chances), pour qualifier leurs chances d’avoir une majorité au Parlement.
Seconde étape, on écrème. En écartant les partis a priori exclus des coalitions, comme le Vlaams Belang et le PTB. Et ceux dont on sait qu’ils ne décrocheront pas un nombre de sièges suffisant pour peser dans le processus d’élaboration d’un gouvernement, comme les Listes Destexhe, le PP ou encore DéFI en Wallonie.
Et en évacuant de même une série de coalitions. Les inutilement larges, dont certaines composantes ne seraient pas nécessaires pour constituer une majorité – seul l’échelon communal se livre à cet exercice qui complique l’élaboration d’un accord de majorité et dilue le nombre de postes par parti. Ainsi, une coalition PS-Ecolo-MR en Wallonie ne sera-t-elle pas envisagée.
Exit également les coalitions improbables. Soit qu’elles ne risquent pas de réunir une majorité, soit que leur composition même défie l’entendement, du fait de divergences programmatiques. On sait ainsi que la N-VA n’entend pas mener de cohabitation fédérale avec le PS ou les écologistes d’Ecolo ou de Groen. À envisager uniquement en dernier recours.
Reste à incorporer le dernier ingrédient: les affinités entre partis. Dans un monde idéal, vers quelles coalitions tendraient-ils? Ce qui permet d’affirmer que le MR privilégiera une suédoise à un arc-en-ciel, et qu’Ecolo se sentira plus à l’aise au sein d’un olivier qu’à bord d’un attelage jamaïcain.
Voilà, vous savez (presque) tout.
C’est une première, en Belgique, qui, malgré son inventivité, n’a jamais connu de coalition fédérale ou régionale mêlant libéraux, écologistes et centristes. Bienvenue dans la jamaïcaine – une appellation un brin impropre puisque le drapeau jamaïcain ne colle pas aux couleurs des partis la composant, mais plutôt à ceux de leurs homologues allemands. Soit.
Pour le MR, ce n’est pas loin de la situation idéale. Bien sûr, le parti aurait préféré poursuivre avec le seul cdH, mais l’arithmétique ne le permet guère. L’ouverture aux verts garantit tout de même une certaine continuité, et autorise à clamer que l’on a «entendu le signal de l’électeur».
L’avantage est double. La jamaïcaine permet de maintenir les socialistes dans l’opposition. Et elle a le mérite d’être reproductible à l’échelon fédéral, à la fois sans les nationalistes flamands et les socialistes. Cela vaut bien une cohabitation avec les écologistes.
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cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
Et c’est parti pour un gouvernement rassemblant socialistes et écologistes! Une première, en Wallonie.
Avec, éventuellement, l’appoint du cdH, s’il est nécessaire de consolider un brin cette majorité. On retomberait alors dans une configuration connue, l’olivier ayant fleuri en terres wallonnes entre 2009 et 2014.
Une question, tout de même: Ecolo a-t-il vraiment intérêt à se jeter dans les bras socialistes? Les écologistes ne gardent-ils pas un souvenir cuisant de cette «convergence des gauches», qui consistait surtout en une tentative du PS de siphonner Ecolo? Surtout que l’arrivée du cdH n’y changerait rien, PS et cdH ayant tous deux fait d’Ecolo leur cible favorite dans la dernière ligne droite de l’olivier wallon.
Déjà, soulignons que la tonalité de la campagne ne plaide pas en faveur d’un mariage bleu et vert. Ecolo et MR sont à couteaux tirés. Du côté des programmes, les convergences sont plus marquées avec le PS qu’avec le MR. Et puis, il y a la base. «Chez Ecolo, ce n’est pas la tête du parti qui décide, mais les militants qui votent, pointe Vincent Laborderie. Former une jamaïcaine avec le MR, en renvoyant PS et PTB dans l’opposition, risque de poser problème à la base. Car si les électeurs d’Ecolo ne sont pas forcément de gauche, les militants, eux, ont le cœur plutôt à gauche.»
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Une coalition PS-Ecolo dispose-t-elle d’une majorité au parlement wallon?
En Wallonie, la question principale n’est pas tellement de savoir quel sera le premier parti à l’issue du scrutin, mais de vérifier si socialistes et écologistes disposent, ensemble, d’une majorité de sièges.
Pourquoi? Question de simplicité. «Il existe des coalitions évidentes, explique Vincent Laborderie. D’un côté, MR et cdH, qui ont déjà exprimé la volonté de continuer le travail, mais ne disposeront vraisemblablement pas de majorité. Et de l’autre, PS et Ecolo, les deux partis de gauche. Toutes les autres coalitions sont plus complexes, parce qu’elles impliquent trois partenaires.»
Sauf l’alliance PS-MR, qui pourrait, elle aussi, rafler la majorité. Mais poserait, dans un premier temps du moins, un souci de cohérence idéologique.
OUI
Formation d’un gouvernement PS-Ecolo, éventuellement élargi au cdH
NON
Le MR est-il le premier parti en Wallonie?
C’est une première, en Belgique, qui, malgré son inventivité, n’a jamais connu de coalition fédérale ou régionale mêlant libéraux, écologistes et centristes. Bienvenue dans la jamaïcaine – une appellation un brin impropre puisque le drapeau jamaïcain ne colle pas aux couleurs des partis la composant, mais plutôt à ceux de leurs homologues allemands. Soit.
Pour le MR, ce n’est pas loin de la situation idéale. Bien sûr, le parti aurait préféré poursuivre avec le seul cdH, mais l’arithmétique ne le permet guère. L’ouverture aux verts garantit tout de même une certaine continuité, et autorise à clamer que l’on a «entendu le signal de l’électeur».
L’avantage est double. La jamaïcaine permet de maintenir les socialistes dans l’opposition. Et elle a le mérite d’être reproductible à l’échelon fédéral, à la fois sans les nationalistes flamands et les socialistes. Cela vaut bien une cohabitation avec les écologistes.
Précédent
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
Voilà l’olivier qui renaît en Wallonie, après y avoir prospéré de 2009 à 2014.
Une situation pas si confortable qu’il n’y paraît. Sachant qu’une coalition à deux est plus facile à vivre qu’un ménage à trois, où deux partenaires finissent généralement par se liguer contre le troisième. La fois dernière, au risque de schématiser, c’était PS et cdH contre Ecolo.
Précédent
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
«Voilà le nœud, pointe Vincent Laborderie. Si cdH et Ecolo veulent être au pouvoir en Wallonie, ils doivent y être ensemble.» Pour cela, il faut se mettre d’accord. Pas si simple, sachant qu’Ecolo aurait tendance à tirer à gauche et le cdH, à droite. L’option la plus probable est sans doute l’olivier, même si celui-ci n’est pas garanti.
Ajoutez à cela l’influence que pourrait exercer l’échelon fédéral, si une suédoise devait y voir le jour. Braquant davantage Ecolo contre le MR, barrant la voie à une jamaïcaine. Et, si le cdH est de la partie au Fédéral, rendant, pour lui, la piste de l’olivier moins confortable. Et quid de Bruxelles, si PS et Ecolo proposent au cdH une aventure commune?
Une chose est sûre: la concomitance des différents scrutins ne facilite guère la formation des gouvernements.
Un olivier
Une coalition PS-Ecolo dispose-t-elle d’une majorité au parlement wallon?
Précédent
Ecolo veut-il tenter l’aventure jamaïcaine (avec le MR et le cdH)?
Une jamaïcaine
MR et cdH arrivent à convaincre Ecolo de former une jamaïcaine
Une violette
cdH et Ecolo ne parviennent pas à s’entendre, place à une alliance PS-MR
Pour Vincent Laborderie, le MR va d’abord explorer la piste d’une jamaïcaine – qui n’est après tout que l’extension à Ecolo de la coalition wallonne actuelle – avant d’envisager de renouer une bonne vieille alliance avec son meilleur ami socialiste. Il faut dire qu’après cinq ans d’affrontements, l’inverse serait difficilement lisible pour le citoyen. Idem pour le militant, qu’il soit libéral ou socialiste.
Précédent
Le MR est-il le premier parti en Wallonie?
NON
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
OUI
Formation d’un gouvernement MR-Ecolo-cdH
PS et Ecolo n’ayant pu rapidement convoler, la question est à présent de savoir si les libéraux peuvent prétendre prendre la main. Et mener la danse, en tentant d’embarquer cdH et Ecolo avec eux.
Précédent
Une coalition PS-Ecolo dispose-t-elle d’une majorité au parlement wallon?
OUI
Ecolo veut-il tenter l’aventure jamaïcaine (avec le MR et le cdH)?
NON
Le cdH veut-il entrer dans un olivier (avec PS et Ecolo)?
Voilà où nous en sommes: Ecolo et PS ne disposent pas, à eux deux, d’une majorité et le MR n’a pas la main. La question suivante coule de source: le cdH n’irait-il pas prêter main-forte aux socialistes et aux écologistes, afin de former un olivier?
La réponse coule un peu moins de source, si jamais le cdH venait à réaliser un score passablement déprimant. «La difficulté pour le cdH consisterait à entrer dans un gouvernement où il serait un partenaire presque marginal, qui plus est dans une coalition penchant très clairement à gauche, analyse Vincent Laborderie. Mais si c’est ça ou l’opposition, les jeux sont ouverts.»
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Une coalition PS-Ecolo dispose-t-elle d’une majorité au parlement wallon?
NON
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
OUI
Formation d’un gouvernement PS-Ecolo-cdH
«Voilà le nœud, pointe Vincent Laborderie. Si cdH et Ecolo veulent être au pouvoir en Wallonie, ils doivent y être ensemble.» Pour cela, il faut se mettre d’accord. Pas si simple, sachant qu’Ecolo aurait tendance à tirer à gauche et le cdH, à droite. L’option la plus probable est sans doute l’olivier, même si celui-ci n’est pas garanti.
Ajoutez à cela l’influence que pourrait exercer l’échelon fédéral, si une suédoise devait y voir le jour. Braquant davantage Ecolo contre le MR, barrant la voie à une jamaïcaine. Et, si le cdH est de la partie au Fédéral, rendant, pour lui, la piste de l’olivier moins confortable. Et quid de Bruxelles, si PS et Ecolo proposent au cdH une aventure commune?
Une chose est sûre: la concomitance des différents scrutins ne facilite guère la formation des gouvernements.
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Une coalition PS-Ecolo dispose-t-elle d’une majorité au parlement wallon?
Un olivier
PS et Ecolo arrivent à convaincre le cdH de former un olivier
Une jamaïcaine
MR et cdH arrivent à convaincre Ecolo de former une jamaïcaine
Une violette
cdH et Ecolo ne parviennent pas à s’entendre, place à une alliance PS-MR
Voilà l’olivier qui renaît en Wallonie, après y avoir prospéré de 2009 à 2014.
Une situation pas si confortable qu’il n’y paraît. Sachant qu’une coalition à deux est plus facile à vivre qu’un ménage à trois, où deux partenaires finissent généralement par se liguer contre le troisième. La fois dernière, au risque de schématiser, c’était PS et cdH contre Ecolo.
Précédent
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
Ecolo et cdH, n’ayant pu se mettre d’accord, ont, quelque part, précipité PS et MR dans les bras l’un de l’autre. Si socialistes et libéraux ont déjà présidé ensemble à la destinée de la Wallonie, c’était toujours accompagnés d’une troisième roue, qu’il s’agisse d’Ecolo ou du cdH – enfin, à l’époque, on disait PSC.
Cette violette wallonne constitue donc une première; le Fédéral, lui, en a déjà connu une, de 2003 à 2007.
Plutôt inattendue, vu les relations – proches de l’exécrable – entretenues entre les deux partis durant la dernière législature. Essentiellement au Fédéral, certes, mais l’opposition régionale n’a pas été tendre non plus.
Inattendue, mais loin d’être ingérable. Libéraux et socialistes ont l’habitude de la cohabitation. Et s’entendent fort bien en terres liégeoises, par exemple. «Pour le PS, il faudrait alors gérer durant une législature les critiques d’Ecolo et du PTB, qui ne manqueront pas de leur reprocher l’association avec les libéraux», ajoute Vincent Laborderie.
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cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
C’est une première, en Belgique, qui, malgré son inventivité, n’a jamais connu de coalition fédérale ou régionale mêlant libéraux, écologistes et centristes. Bienvenue dans la jamaïcaine – une appellation un brin impropre puisque le drapeau jamaïcain ne colle pas aux couleurs des partis la composant, mais plutôt à ceux de leurs homologues allemands. Soit.
Pour le MR, ce n’est pas loin de la situation idéale. Bien sûr, le parti aurait préféré poursuivre avec le seul cdH, mais l’arithmétique ne le permet guère. L’ouverture aux verts garantit tout de même une certaine continuité, et autorise à clamer que l’on a «entendu le signal de l’électeur».
L’avantage est double. La jamaïcaine permet de maintenir les socialistes dans l’opposition. Et elle a le mérite d’être reproductible à l’échelon fédéral, à la fois sans les nationalistes flamands et les socialistes. Cela vaut bien une cohabitation avec les écologistes.
Précédent
cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
Voilà l’olivier qui renaît en Wallonie, après y avoir prospéré de 2009 à 2014.
Une situation pas si confortable qu’il n’y paraît. Sachant qu’une coalition à deux est plus facile à vivre qu’un ménage à trois, où deux partenaires finissent généralement par se liguer contre le troisième. La fois dernière, au risque de schématiser, c’était PS et cdH contre Ecolo.
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Le cdH veut-il entrer dans un olivier (avec PS et Ecolo)?
Ecolo et cdH, n’ayant pu se mettre d’accord, ont, quelque part, précipité PS et MR dans les bras l’un de l’autre. Si socialistes et libéraux ont déjà présidé ensemble à la destinée de la Wallonie, c’était toujours accompagnés d’une troisième roue, qu’il s’agisse d’Ecolo ou du cdH – enfin, à l’époque, on disait PSC.
Cette violette wallonne constitue donc une première; le Fédéral, lui, en a déjà connu une, de 2003 à 2007.
Plutôt inattendue, vu les relations – proches de l’exécrable – entretenues entre les deux partis durant la dernière législature. Essentiellement au Fédéral, certes, mais l’opposition régionale n’a pas été tendre non plus.
Inattendue, mais loin d’être ingérable. Libéraux et socialistes ont l’habitude de la cohabitation. Et s’entendent fort bien en terres liégeoises, par exemple. «Pour le PS, il faudrait alors gérer durant une législature les critiques d’Ecolo et du PTB, qui ne manqueront pas de leur reprocher l’association avec les libéraux», ajoute Vincent Laborderie.
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cdH et Ecolo parviennent-ils à s’entendre?
Les affinités PS-Ecolo ne se limitent guère à la Wallonie et sont tout aussi marquées en terres bruxelloises. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil aux dernières communales où, dans la mesure du possible, ces deux-là se sont systématiquement alliés. Comme à Ixelles ou à Saint-Gilles. Mieux: ils ont aussi ouvert leur porte à DéFI, comme à Anderlecht ou Bruxelles-Ville. Bref, le courant passe plutôt bien entre PS, Ecolo et DéFI – il n’en faut pas toujours autant pour former un gouvernement.
Cela permet par ailleurs au PS et à DéFI de poursuivre, d’une certaine manière, sur leur lancée actuelle, tout en accueillant celui qui risque d’être l’un des gagnants du scrutin. Dans la foulée, les deux débarquent le cdH. Un retour de bâton après le coup wallon joué par Benoît Lutgen en 2017. Qui avait rendu furieux le PS, c’est certain, mais aussi irrité DéFI de voir un moment son gouvernement bruxellois déstabilisé.
C’est donc parti pour PS, Ecolo et DéFI. Une coalition inédite. Reste à savoir qui va endosser la ministre-présidence.
précédent
PS et Ecolo ont-ils besoin du cdH en Wallonie?
La situation bruxelloise peut sembler complexe, avec cinq partis à tenir à l’œil du côté francophone. Heureusement, il est possible de simplifier. En distinguant les trois principaux partis (Ecolo, MR et PS, qui tournent autour des 20%) des plus petits (cdH et DéFI). «Une alliance des trois leaders est improbable, juge Vincent Laborderie, vu les différences programmatiques entre le MR d’une part et le duo PS-Ecolo d’autre part.»
Ce qui réduit le champ des possibles à un type d’alliance, unissant deux des trois partis de tête, auxquels se joint «un parti d’appoint». À ce petit jeu, la combinaison PS-Ecolo-DéFI remporte tous les suffrages. La mention d’un accord préélectoral sera sans doute démentie de toutes parts, alors posons juste que ces trois-là s’entendent bien. Très bien. Mieux encore que les membres de la majorité sortante PS-DéFI-cdH.
Autrement dit, la composante francophone du gouvernement bruxellois est déjà presque connue. À moins qu’un scénario précis ne la fasse dérailler. Et celui-ci table sur la plantation d’un olivier en Wallonie. D’où la question qui nous occupe.
NON
OUI
Les affinités PS-Ecolo ne se limitent guère à la Wallonie et sont tout aussi marquées en terres bruxelloises. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil aux dernières communales où, dans la mesure du possible, ces deux-là se sont systématiquement alliés. Comme à Ixelles ou à Saint-Gilles. Mieux: ils ont aussi ouvert leur porte à DéFI, comme à Anderlecht ou Bruxelles-Ville. Bref, le courant passe plutôt bien entre PS, Ecolo et DéFI – il n’en faut pas toujours autant pour former un gouvernement.
Cela permet par ailleurs au PS et à DéFI de poursuivre, d’une certaine manière, sur leur lancée actuelle, tout en accueillant celui qui risque d’être l’un des gagnants du scrutin. Dans la foulée, les deux débarquent le cdH. Un retour de bâton après le coup wallon joué par Benoît Lutgen en 2017. Qui avait rendu furieux le PS, c’est certain, mais aussi irrité DéFI de voir un moment son gouvernement bruxellois déstabilisé.
C’est donc parti pour PS, Ecolo et DéFI. Une coalition inédite. Reste à savoir qui va endosser la ministre-présidence.
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Le cdH lie-t-il sa participation en Wallonie à son sort à Bruxelles et a-t-il sauvé les meubles dans la capitale?
On l’a dit: la composante francophone de l’attelage bruxellois est déjà quasiment formée, au vu de l’entente régnant entre PS, Ecolo et DéFI. Seul un scénario peut rebattre ces cartes: celui d’un olivier qui s’implante en Wallonie.
Ce n’est pas tout. Encore faut-il que le cdH fasse de sa participation bruxelloise une condition pour grimper à bord du gouvernement wallon. Ce n’est pas tout (bis). Encore faut-il, pour cela, que le cdH n’ait pas enregistré un trop mauvais score à Bruxelles – ou en tout cas supérieur à ce que lui prédisent les sondages.
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PS et Ecolo ont-ils besoin du cdH en Wallonie?
NON
Formation d’un gouvernement PS-Ecolo-DéFI
OUI
Formation d’un gouvernement PS-Ecolo-cdH
La dynamique wallonne a, une fois de plus, déteint sur la mécanique bruxelloise. Éjectant DéFI de la majorité bruxelloise – alors que les astres s’alignaient plutôt pour un remplacement du cdH par Ecolo. Raté. Bruxelles renoue avec un olivier. Une vieille connaissance, puisque telle était la composition du gouvernement entre 2004 et 2014.
Accessoirement, Bruxelles et Wallonie affichent des coalitions parfaitement symétriques. Ce qui simplifie la donne du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
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Le cdH lie-t-il sa participation en Wallonie à son sort à Bruxelles et a-t-il sauvé les meubles dans la capitale?
«Les tripartites restantes sont a priori très gênantes pour les partis flamands qui y prendraient part», indique Vincent Laborderie. Gênant, l’arc-en-ciel, qui a déjà tenu les manettes de la Belgique sous Verhofstadt?
Sous deux aspects, oui. Si l’on part du principe que le CD&V est arrivé second en Flandre, cela fait que les deux premiers partis du nord du pays ont été écartés au cours de la formation du gouvernement. «Par ailleurs, les libéraux s’y trouveraient minorisés. Nous ne sommes plus au temps où l’Open Vld était le premier parti flamand. Pas sûr qu’ils en aient envie.»
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Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
Et c’est reparti pour une coalition suédoise – souvenez-vous, elle était initialement qualifiée de kamikaze! Avec ou sans le cdH? L’arithmétique électorale décidera; il faut que les humanistes soient indispensables à cette majorité. Cela dit, ayant, quelque part, souffert de solitude francophone durant la législature, le MR verrait d’un bon œil le fait de ne pas y aller seul.
À noter que l’émergence d’un olivier en Wallonie pourrait dissuader le cdH de s’embarquer dans pareille aventure. Autre hic: le cdH affirme “qu’en aucun cas”, il n’entend “contribuer à la mise en place d’un gouvernement avec la N-VA”. Outre le fait que cette déclaration comporte des zones d’ombres, on rappellera juste qu’en 2014, Charles Michel avait lancé un “jamais avec la N-VA” nettement moins équivoque que la récente sortie humaniste. Bref, ne jamais dire jamais. En dernier recours, le cdH pourrait monter à bord, et se justifier en soulignant que c’était cela, ou le chaos politique.
Reste enfin la question de la position dominante. À qui reviendrait le poste de Premier ministre? Charles Michel rempilerait bien, mais il n’est désormais plus seul en lice. Jan Jambon s’est déjà déclaré candidat, ce qui n’a pas plu à tout le monde. Et le poste pourrait tenter le CD&V – pourquoi pas Wouter Beke?
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Précédent
Y a-t-il des partenaires francophones pour une suédoise (MR) ou une suédoise élargie (MR et cdH)?
C’est l’un des jokers électoraux de Charles Michel, qui affirme qu’un MR trop faible mènerait au chaos institutionnel. Parce que le partenaire évident de la N-VA, c’est le MR. À condition sans doute qu’il réalise un score acceptable.
Il y a le cdH aussi, qui pourrait venir renforcer l’équipe de la suédoise. Sous une double condition. Celle d’être numériquement indispensable, histoire de pouvoir peser. «Et qu’il n’ait pas le choix avec d’autres coalitions», estime Vincent Laborderie. Même si, pour l’heure, le patron des humanistes fait mine de fermer cette porte, Maxime Prévot assurant que le cdH n’a pas vocation à gouverner avec la N-VA.
NON
Partis néerlandophones et francophones arrivent-ils à s’entendre?
OUI
Formation d’un gouvernement suédois
Précédent
Les partis flamands considèrent-ils la N-VA incontournable?
Telle est «LA» grande question, au Fédéral – «où la situation est plus compliquée», sourit Vincent Laborderie. On peut ergoter sur le score nécessaire pour se rendre indispensable – Bart De Wever parle de 30%. En réalité, ce sont les autres partis flamands, et plus précisément le CD&V et l’Open Vld, qui consacreront, ou non, le caractère incontournable de la N-VA.
Une réponse qui dépendra essentiellement du processus de composition d’une majorité au sein du Parlement flamand. «Et qui risque d’être favorable à la N-VA, du moins dans un premier temps, si les sondages se confirment.»
Autre fait instructif: quel que soit le choix posé, il débouchera vraisemblablement sur une coalition ne disposant pas de la majorité dans l’un des deux groupes linguistiques. Côté francophone, si une suédoise émerge. Côté flamand, si se monte une tripartite sans la N-VA.
OUI
Y a-t-il des partenaires francophones pour une suédoise (MR) ou une suédoise élargie (MR et cdH)?
NON
Vers des tripartites sans la N-VA
Les partis flamands décident donc de former une coalition sans la N-VA. Dès lors, quelles tripartites sont les plus probables? «Une coalition ne se forme pas parce que le parti qui la souhaite le plus a récolté le plus de voix, pose Vincent Laborderie. Mais parce que tout le monde est d’accord: elle doit être la moins gênante pour les partis qui en sont.» D’où l’intérêt d’adopter le point de vue de la formation qui est à la fois nécessaire et le moins à l’aise.
La règle est la suivante: regardons surtout les désirs et intérêts des partis flamands. «Car si les partis flamands décident de laisser de côté la N-VA, ils fournissent déjà un gros effort.» Sans toutefois oublier l’essentiel: disposer d’une majorité à la Chambre.
À ce petit jeu-là, la jamaïcaine est la plus probable. Certes, CD&V et Open Vld délaissent le premier parti flamand. «Mais en s’alliant avec les écologistes, ils montrent qu’ils tiennent compte du résultat des élections.» Autrement dit, la jamaïcaine est politiquement «vendable». Reste à convaincre les écologistes.
Précédent
NON
OUI
Si la jamaïcaine ne peut se faire, les regards se tournent ensuite vers la tripartite traditionnelle, rassemblant les centristes, les libéraux et les socialistes. À condition, à nouveau, que ceux-ci disposent d’une majorité à la Chambre.
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Les écologistes acceptent-ils de monter à bord avec les libéraux et les centristes?
NON
Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
OUI
Formation d’une tripartite traditionnelle
Les possibilités commencent à se restreindre. Si la jamaïcaine et la classique échouent, ne restent, au rayon «tripartites sans la N-VA», que l’arc-en-ciel ou l’olivier. Mais un arc-en-ciel est-il envisageable pour les libéraux? Et un olivier est-il seulement concevable pour la Flandre?
Arc-en-ciel
Formation d’un gouvernement sp.a/PS-Groen/Ecolo-Open Vld/MR
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CD&V et Open Vld acceptent-il la constitution d’une tripartite classique, avec les socialistes?
Retour de la N-VA
Y a-t-il des partenaires francophones pour une suédoise (MR) ou une suédoise élargie (MR et cdH)?
Olivier
Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
«Les tripartites restantes sont a priori très gênantes pour les partis flamands qui y prendraient part», indique Vincent Laborderie. Gênant, l’arc-en-ciel, qui a déjà tenu les manettes de la Belgique sous Verhofstadt?
Sous deux aspects, oui. Si l’on part du principe que le CD&V est arrivé second en Flandre, cela fait que les deux premiers partis du nord du pays ont été écartés au cours de la formation du gouvernement. «Par ailleurs, les libéraux s’y trouveraient minorisés. Nous ne sommes plus au temps où l’Open Vld était le premier parti flamand. Pas sûr qu’ils en aient envie.»
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Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
Et c’est reparti pour une coalition suédoise – souvenez-vous, elle était initialement qualifiée de kamikaze! Avec ou sans le cdH? L’arithmétique électorale décidera; il faut que les humanistes soient indispensables à cette majorité. Cela dit, ayant, quelque part, souffert de solitude francophone durant la législature, le MR verrait d’un bon œil le fait de ne pas y aller seul.
À noter que l’émergence d’un olivier en Wallonie pourrait dissuader le cdH de s’embarquer dans pareille aventure. Autre hic: le cdH affirme “qu’en aucun cas”, il n’entend “contribuer à la mise en place d’un gouvernement avec la N-VA”. Outre le fait que cette déclaration comporte des zones d’ombres, on rappellera juste qu’en 2014, Charles Michel avait lancé un “jamais avec la N-VA” nettement moins équivoque que la récente sortie humaniste. Bref, ne jamais dire jamais. En dernier recours, le cdH pourrait monter à bord, et se justifier en soulignant que c’était cela, ou le chaos politique.
Reste enfin la question de la position dominante. À qui reviendrait le poste de Premier ministre? Charles Michel rempilerait bien, mais il n’est désormais plus seul en lice. Jan Jambon s’est déjà déclaré candidat, ce qui n’a pas plu à tout le monde. Et le poste pourrait tenter le CD&V – pourquoi pas Wouter Beke?
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Partis néerlandophones et francophones arrivent-ils à s’entendre?
Cela ressemble à une impasse. Les partis flamands n’entendent pas laisser la N-VA de côté. Sauf qu’ils ne trouvent guère de partenaires francophones désireux de s’aventurer avec les nationalistes flamands.
C’est donc à qui finira par convaincre l’autre – à l’usure, peut-être. Côté francophone, MR et cdH tentent de convaincre CD&V et Open Vld qu’il est envisageable de monter un gouvernement fédéral sans la N-VA. Côté flamand, chrétiens-démocrates et libéraux tentent de persuader MR et cdH de lancer une suédoise bis, et de poursuivre avec une équipe de centre-droit.
Et si aucun camp ne cède? C’est le grand saut dans l’inconnu.
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Tripartites
Vers un gouvernement sans la N-VA?
Blocage
Bienvenue dans une période de turbulences où “tout” peut arriver
Suédoise
Formation d’un gouvernement suédois
Voilà, c’est le blocage. Dès lors, tout, ou presque, peut arriver. À commencer par une longue période sans gouvernement. De quoi battre les 541 jours de la crise de 2010-2011? «Probablement pas», s’avance Vincent Laborderie. Qui précise tout de même que si la Belgique pénètre dans cette zone de turbulences, «un gouvernement en affaires courantes pendant plusieurs mois est un minimum».
Pour en sortir, de nombreux scénarios, jusque-là exclus de l’horizon des possibles, deviennent à présent envisageables.
Une quadripartite réunissant centristes, écologistes, libéraux et socialistes pourrait se former, laissant la N-VA dans l’opposition. À la rigueur, une coalition plus originale pourrait voir le jour, qui ne tiendrait pas compte des familles politiques, ou serait minoritaire à la Chambre.
Enfin, partant du constat que ce pays est ingouvernable en l’état, la classe politique pourrait se lancer dans l’élaboration d’une septième réforme de l’État, détricotant un petit peu plus le Fédéral. Et devant obligatoirement être soutenue par une large majorité.
Sinon, il y a toujours, en dernier recours, la case «retour aux isoloirs».
L’éventail est large, mais rime avec un certain degré d’instabilité politique. En tout cas à l’étage fédéral de la maison Belgique – les gouvernements régionaux, eux, devraient être formés depuis belle lurette.
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Partis néerlandophones et francophones arrivent-ils à s’entendre?
En voilà une, de coalition inédite, regroupant les centristes (CD&V et cdH), les écologistes (Groen et Ecolo) et les libéraux (Open Vld et MR). «Elle présente l’avantage, même si elle écarte le premier parti de Flandre, d’embarquer celui qui monte, à savoir Groen, détaille Vincent Laborderie. On y retrouve les partis arrivés en 2e, 3e et 4e position.»
L’autre argument en sa faveur, au nord du pays, c’est qu’elle laisse de côté le sp.a, plutôt moribond. Et puis, faire monter les socialistes au lieu des écologistes aurait consisté, en quelque sorte, à remettre sur pied une sorte de gouvernement Di Rupo bis. Moins facile à assumer pour les libéraux et chrétiens-démocrates flamands.
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Les écologistes acceptent-ils de monter à bord avec les libéraux et les centristes?
Voilà la Belgique qui renoue avec une tripartite classique. Une coalition plus difficile à endosser pour le CD&V et l’Open Vld, parce qu’ils ressuscitent, en quelque sorte, le gouvernement Di Rupo. Écartant la N-VA pour faire revenir les socialistes au pouvoir.
Sans doute plus ardu à assumer qu’une jamaïcaine, qui aurait en outre eu pour elle le privilège de la nouveauté.
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CD&V et Open Vld acceptent-il la constitution d’une tripartite classique, avec les socialistes?
Reste à étudier la coalition la plus à gauche. Gênant, l’olivier?
Pour la Flandre, certainement. «Pareille coalition serait en contradiction avec le vote flamand», avertit Vincent Laborderie. Cela reviendrait à offrir la tripartite la plus à gauche possible alors que la Flandre a clairement tendance à voter à droite.
Voilà qui garnirait certainement l’arsenal de munitions d’un certain Bart De Wever, qui ne manquerait pas de constater l’existence de deux démocraties en Belgique et de pester sur le fait que la Flandre ne bénéficie pas de la politique en faveur de laquelle elle vote.
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Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
Les possibilités commencent à se restreindre. Si la jamaïcaine et la classique échouent, ne restent, au rayon «tripartites sans la N-VA», que l’arc-en-ciel ou l’olivier. Mais un arc-en-ciel est-il envisageable pour les libéraux? Et un olivier est-il seulement concevable pour la Flandre?
Arc-en-ciel
Formation d’un gouvernement sp.a/PS-Groen/Ecolo-Open Vld/MR
Olivier
Formation d’un gouvernement sp.a/PS-Groen/Ecolo-CD&V/cdH
Retour de la N-VA
Y a-t-il des partenaires francophones pour une suédoise (MR) ou une suédoise élargie (MR et cdH)?
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CD&V et Open Vld acceptent-il la constitution d’une tripartite classique, avec les socialistes?
Si la jamaïcaine ne peut se faire, les regards se tournent ensuite vers la tripartite traditionnelle, rassemblant les centristes, les libéraux et les socialistes. À condition, à nouveau, que ceux-ci disposent d’une majorité à la Chambre.
OUI
Formation d’un gouvernement CD&V/cdH-Open Vld/MR-sp.a/PS
NON
Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
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Les écologistes acceptent-ils de monter à bord avec les libéraux et les centristes?
Les partis flamands décident donc de former une coalition sans la N-VA. Dès lors, quelles tripartites sont les plus probables? «Une coalition ne se forme pas parce que le parti qui la souhaite le plus a récolté le plus de voix, pose Vincent Laborderie. Mais parce que tout le monde est d’accord: elle doit être la moins gênante pour les partis qui en sont.» D’où l’intérêt d’adopter le point de vue de la formation qui est à la fois nécessaire et le moins à l’aise.
La règle est la suivante: regardons surtout les désirs et intérêts des partis flamands. «Car si les partis flamands décident de laisser de côté la N-VA, ils fournissent déjà un gros effort.» Sans toutefois oublier l’essentiel: disposer d’une majorité à la Chambre.
À ce petit jeu-là, la jamaïcaine est la plus probable. Certes, CD&V et Open Vld délaissent le premier parti flamand. «Mais en s’alliant avec les écologistes, ils montrent qu’ils tiennent compte du résultat des élections.» Autrement dit, la jamaïcaine est politiquement «vendable». Reste à convaincre les écologistes.
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OUI
NON
Reste à étudier la coalition la plus à gauche. Gênant, l’olivier?
Pour la Flandre, certainement. «Pareille coalition serait en contradiction avec le vote flamand», avertit Vincent Laborderie. Cela reviendrait à offrir la tripartite la plus à gauche possible alors que la Flandre a clairement tendance à voter à droite.
Voilà qui garnirait certainement l’arsenal de munitions d’un certain Bart De Wever, qui ne manquerait pas de constater l’existence de deux démocraties en Belgique et de pester sur le fait que la Flandre ne bénéficie pas de la politique en faveur de laquelle elle vote.
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Socialistes et écologistes parviennent-ils à convaincre les libéraux ou les centristes?
Voilà la Belgique qui renoue avec une tripartite classique. Une coalition plus difficile à endosser pour le CD&V et l’Open Vld, parce qu’ils ressuscitent, en quelque sorte, le gouvernement Di Rupo. Écartant la N-VA pour faire revenir les socialistes au pouvoir.
Sans doute plus ardu à assumer qu’une jamaïcaine, qui aurait en outre eu pour elle le privilège de la nouveauté.
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CD&V et Open Vld acceptent-il la constitution d’une tripartite classique, avec les socialistes?
Une jamaïquane! En voilà une, de coalition inédite, regroupant les centristes (CD&V et cdH), les écologistes (Groen et Ecolo) et les libéraux (Open Vld et MR). «Elle présente l’avantage, même si elle écarte le premier parti de Flandre, d’embarquer celui qui monte, à savoir Groen, détaille Vincent Laborderie. On y retrouve les partis arrivés en 2e, 3e et 4e position.»
L’autre argument en sa faveur, au nord du pays, c’est qu’elle laisse de côté le sp.a, plutôt moribond. Et puis, faire monter les socialistes au lieu des écologistes aurait consisté, en quelque sorte, à remettre sur pied une sorte de gouvernement Di Rupo bis. Moins facile à assumer pour les libéraux et chrétiens-démocrates flamands.
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Les écologistes acceptent-ils de monter à bord avec les libéraux et les centristes?