Qui a le plus de chances de devenir le prochain locataire de la Maison-Blanche? À l’approche des élections du 3 novembre, nous avons analysé les résultats des sondages et des modèles.
Par Thomas Roelens & Jan van Hessche 5 octobre 2020
À l’heure actuelle, c’est le candidat démocrate Joe Biden qui a le plus de chances de remporter la prochaine élection présidentielle américaine. C’est ce qui ressort des modèles du bureau d’analyse américain PollyVote. D’après ses calculs, Biden aurait % de chances de gagner. Ce qui ne signifie pas pour autant que le républicain Donald Trump soit définitivement battu. Les simulations de tous les scénarios possibles indiquent que Trump dispose de % de chances d’obtenir un second mandat.
Dans le graphique ci-dessous, vous pouvez découvrir quelles sont les chances des deux candidats et la marge d'erreur. Cette marge est importante car elle montre que les jeux sont loin d’être faits.
Biden
Trump
Les simulations de PollyVote fonctionnent avec une marge d’erreur. Par exemple, ces prévisions indiquent que dans le pire des cas, Biden possède % de chances de l’emporter, et que dans le meilleur des cas, Trump dispose de % de probabilité de reconduire son bail à la Maison Blanche. Dans le meilleur des cas pour Biden, ce dernier a % de chances de l’emporter. Le pire résultat de Trump revient à % de chances de gagner. La marge d’erreur est donc assez étendue.
Cliquez sur le bouton «recalculer» pour simuler un des scénarios possibles.
D’après les modèles, c’est Biden qui a le plus de chances de l’emporter, mais cela ne signifie pas qu’il obtiendra la majorité des voix. Le graphique ci-dessous montre la moyenne des sondages nationaux. Si l’on tient compte de la marge d’erreur – les bandes légèrement plus claires – Biden l’emporterait aujourd’hui avec une très courte majorité.
Pour se faire une idée plus précise, il faut aussi s’intéresser aux «grands électeurs». En effet, les Américains n’élisent pas directement leur président, mais plutôt un collège électoral de 538 grands électeurs. Ce collège se compose de délégués venus des quatre coins du pays. En fonction de son nombre d’habitants, chaque État se voit attribuer un certain nombre de grands électeurs. La Californie (55), le Texas (38), la Floride (29) et New York (29) sont les États qui pèsent le plus lourd, tandis que l’Alaska, le Montana et le Wyoming (3 grands électeurs chacun) sont ceux qui ont le moins d’impact.
Cette particularité explique pourquoi il est possible de remporter les élections présidentielles tout en n’ayant pas la majorité des voix au niveau national, comme ce fut le cas de Donald Trump en 2016 et de George Bush junior en 2000. À l’exception du Maine et du Nebraska, tous les États accordent la totalité des voix de leurs grands électeurs au candidat qui a remporté le vote populaire. Il faut empocher 270 grands électeurs pour devenir président.
Dans la plupart des États, l’issue de la course aux grands électeurs ne fait aucun doute. La Californie, New York et Hawaï sont connus pour être des bastions démocrates, tandis que le Wyoming, le Tennessee et l’Alabama sont acquis aux républicains. En résumé: la plupart des électeurs de ces États n’ont même pas besoin d’aller voter.
Pour les candidats, le véritable enjeu se situe dans les «battleground states» ou «swing states», ces États clés qui basculent du camp démocrate au camp républicain et vice-versa au fil des élections, et où les sondages prédisent une course au coude-à-coude. Il s’agit principalement de l’Arizona, de la Floride, de la Caroline du Nord et des États la «Rust Belt». Cette «ceinture de la rouille» rassemble les États du centre et du nord-est des USA (Michigan, Pennsylvanie, Virginie-Occidentale, Ohio et Indiana). Mais le Minnesota, le Nevada, la Géorgie et même le Texas sont également à surveiller de près.
DANS CES «SWING STATES», LES RÉSULTATS SONT AU COUDE-A-COUDE
Marge du nombre de voix en points de pourcentage, données pour 2020 basées sur les sondages
Les résultats et analyses des modèles viennent de PollyVote.com. PollyVote est un bureau d’analyses indépendant qui fait des prévisions électorales depuis 2004 sur base des dernières découvertes scientifiques en matière de probabilité et de méthodes prédictives.
Les modèles de PollyVote se basent sur les sondages réalisés par The Economist, FiveThirtyEight et RealClearPolitics, des analyses démographiques et des enquêtes menées par des politologues afin d’augmenter la précision des sondages et des prévisions. Malgré tout, ces modèles comportent de nombreuses incertitudes. Pour les évaluer, PollyVote travaille avec une marge d’erreur mise à jour sur base quotidienne et à partir des prévisions datant des dernières élections et de leur écart par rapport au résultat final.
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