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Les Tueurs du Brabant: 35 ans d'enquête

Danny Ilegems, Wim Van De Velden, Andries Fluit & Thomas Roelens | 24 octobre 2017

L’enquête sur les tueurs du Brabant, qui s’éternise depuis 35 ans, a pris un tournant décisif fin octobre 2017 avec le témoignage du frère d’un ex-gendarme qui a avoué avoir reçu, il y a deux ans, la confidence de son frère selon laquelle celui-ci était un des membres du gang que l’on surnommait «le Géant». Voici un aperçu de ce qui a été la plus grande vague de crimes du XXe siècle dans notre pays.

Qui est le Géant?

Il s'agirait de l’ancien premier maréchal des logis Christian Bonkoffsky, alias «Bonno», décédé en 2015 à l’âge de 61 ans. Originaire de Termonde, il était gendarme à la brigade d’Alost et membre du Groupe Diane, une unité spéciale de la gendarmerie.

Le Groupe Diane?

Au cours de l'enquête sur les tueurs du Brabant, l'implication des anciens gendarmes du Groupe Diane dans les attentats sanglants a très souvent été évoquée. On parlait également beaucoup de liens avec l’extrême droite.

Le procureur général Christian de Valkeneer confirme que l’enquête sur les tueurs du Brabant a pris un tournant décisif.

MotiVATIONS possibles

La grande question est et reste: qui dirigeait les tueurs du Brabant et qui étaient les donneurs d’ordre? Le butin amassé par le gang n’était en aucun cas proportionnel au parcours sanglant des raids meurtriers menés dans huit magasins belges. En 1985, ceux-ci se sont arrêtés aussi brusquement qu’ils avaient commencé.

Extrême droite

Politique

Banditisme

Dans le cadre de la guerre froide, cela aurait pu être une stratégie des Etats-Unis qui, grâce à ces attaques, semaient la peur au sein de la population.

Les attaques s’intégreraient dans une action terroriste de groupes d’extrême droite. Cette piste vient d’être remise en lumière suite aux révélations du «Géant».

Des hommes dangereux comme Patrick Haemers et Philippe De Staercke auraient mis sur pied les attaques des tueurs du Brabant.

35 ans d’enquête

L’enquête a commencé le 13 mars 1982 à Dinant avec le vol d’un fusil de chasse dans un magasin. Le dossier s’est ensuite étoffé jusqu’à compter aujourd’hui un million de pages, sans résultat. Deux commissions d’enquête parlementaire n’ont rien apporté non plus. Toutes sortes de théories ont été évoquées, mais sans jamais aboutir.

1

Jean DeprÊtre | procureur du roi

Jean-Marie Schlicker | magistrat

Ils ont concentré leurs recherches sur un groupe de petits criminels actifs dans le Borinage dirigé par Michel Cocu. Alors qu’une première expertise les avait désignés coupables, une contre-expertise les a totalement disculpés. Le juge a toutefois délibérément caché le document, ce qui a conduit, neuf mois plus tard, à son dessaisissement. Les Borains ont alors été immédiatement relâchés.

2

Freddy troch | magistrat

A Termonde, Freddy Troch et sa cellule Delta ont enquêté sur le vol de gilets pare-balles dans l’usine textile Wittock-Van Landeghem à Tamise. Une personne a été tuée dans l’incident.

 

En 1986, les détectives de Troch ont trouvé beaucoup d’armes du gang dans le canal Bruxelles-Charleroi à hauteur de Ronquières. Troch était sur la piste du grand banditisme.

 

Il songeait au gangster Philippe De Staerke, leader de la Bande de Baesrode, impliquée dans des dizaines de braquages de bureaux de poste en Flandre dans les années 1980. Il s’agissait alors de la seule inculpation de l’enquête, mais qui aboutira finalement sur un non-lieu.

3

Tribunal de charleroi

Le dossier a été assigné au tribunal de Charleroi, à l’initiative du ministre de la Justice de l’époque Melchior Wathelet (PSC), ce qui n’a pas manqué de causer une grosse frustration à Freddy Troch.

Des recherches ont été menées, des portraits-robots diffusés, des pistes rouvertes et refermées, les délais de prescription étendus, et chaque année, un trou a été creusé quelque part pour rechercher des armes, des cadavres ou d’autres traces, mais sans jamais le moindre résultat…

L’enquête sur l’enquête

La première commission d’enquête parlementaire a été dirigée par André Bourgeois (CD&V). Elle a débuté en 1988 et a rendu son rapport en mai 1990. Celui-ci, qui critiquait vivement la guerre des polices, a été dévastateur pour la politique menée dans le pays en matière de police. Ce rapport a mené au soi-disant « Plan de Pentecôte », un premier pas hésitant vers la réforme des services de police. Au cours de son travail, la commission n’a toutefois pas eu accès aux dossiers judicaires constitués sur le gang.

La seconde commission, dirigée cette fois par Tony Van Parys (CD&V), comptait parmi ses membres les experts Raf Verstraeten et Cyrille Fijnaut. Ils ont conclu, en 1997, que l’hypothèse selon laquelle l’extrême droite était derrière les tueurs du Brabant devait être mise de côté. Mais ils n’étaient toutefois pas d’accord sur l’implication ou non des ex-gendarmes Robert Beijer et Madani Bouhouche.

Les faits

1982 | LES VOLS D’ARMES

Les premières attaques qui peuvent être liées aux tueurs du Brabant sont des vols d’armes.

1/1/1982

Gendarmerie d’Etterbeek

Des armes automatiques et des munitions sont emportées.

13/3/1982

armurerie à dinant

Une arme à feu est volée; elle sera récupérée plus tard après une fusillade entre deux bandes rivales.

30/12/1982

Vendeur d’armes à Wavre

15 armes sont volées dans la vitrine, un agent de police présent sur place est tué.

1983 | Les attaques

En 1983, les tueurs du Brabant mènent principalement des raids sanglants dans plusieurs supermarchés. Ils feront cinq morts: trois à Nivelles, un à Hal et un à Beersel. A chaque fois, un gros butin est emporté, avec au total 4 millions de francs belges récoltés.

1982—83 | EXECUTIONS

En 1982 et 1983, un certain nombre de personnes sont exécutées, qui seront par après reliées au gang: le meurtre atroce du concierge du restaurant « Auberge du Chevalier » à Beersel en décembre 1982, celui d’un chauffeur de taxi à Mons en janvier 1983 et celui de l’exploitant du restaurant « Aux Trois Canards » à Ohain en octobre 1983.

1985 | BAINS DE SANG

Les raids sanglants dans les supermarchés qui ont inscrit les tueurs du Brabant à tout jamais dans la mémoire collective, ont lieu à l’automne 1985.

27/09/1985

DELHAIZE DE BRAINE L’ALLEUD

3 MORTS

 

27/09/1985

DELHAIZE D’OVERIJSE

5 MORTS

 

9/11/1985

DELHAIZE D’ALOST

8 MORTS

ET MAINTENANT?

Au cours de ces 35 dernières années, on a souvent accusé un tel ou un tel « avec une probabilité pratiquement certaine ». Les suspects se sont même souvent accusés entre eux.

 

Il est possible que l’intention était de déstabiliser l’enquête plutôt que de contribuer à la faire progresser. Même les enquêteurs et les magistrats se sont mis des bâtons dans les roues et les tentatives des parlementaires et d’éminents criminologues pour remettre de l’ordre dans l’enquête ont toutes échoué.

 

L’appel à transférer tout le dossier dans une autre zone linguistique, soit du Brabant wallon vers le Brabant flamand, sera sans doute accueilli avec scepticisme. Car le plus important est de savoir comment la justice peut boucler ce dossier vieux de 35 ans.

Qui est le Géant?

Il s'agirait de l’ancien premier maréchal des logis Christiaan Bonkoffsky, alias «Bonno», décédé en 2015 à l’âge de 61 ans. Originaire de Termonde, il était gendarme à la brigade d’Alost et membre du Groupe Diane, une unité spéciale de la gendarmerie.

Le Groupe Diane?

Au cours de l'enquête sur les tueurs du Brabant, l'implication des anciens gendarmes du Groupe Diane dans les attentats sanglants a très souvent été évoquée. On parlait également beaucoup de liens avec l’extrême droite.

Le procureur général Christian de Valkeneer confirme que l’enquête sur les tueurs du Brabant a pris un tournant décisif.

MotiVATIONS possibles

La grande question est et reste: qui dirigeait les tueurs du Brabant et qui étaient les donneurs d’ordre ? Le butin amassé par le gang n’était en aucun cas proportionnel au parcours sanglant des raids meurtriers menés dans huit magasins belges. En 1985, ceux-ci se sont arrêtés aussi brusquement qu’ils avaient commencé.

Politique

Extrême droite

Banditisme

Dans le cadre de la guerre froide, cela aurait pu être une stratégie des Etats-Unis qui, grâce à ces attaques, semaient la peur au sein de la population.

Les attaques s’intégreraient dans une action terroriste de groupes d’extrême droite. Cette piste vient d’être remise en lumière suite aux révélations du «Géant».

Des hommes dangereux comme Patrick Haemers et Philippe De Staercke auraient mis sur pied les attaques des tueurs du Brabant.

35 ans d’enquête

L’enquête a commencé le 13 mars 1982 à Dinant avec le vol d’un fusil de chasse dans un magasin. Le dossier s’est ensuite étoffé jusqu’à compter aujourd’hui un million de pages, sans résultat. Deux commissions d’enquête parlementaire n’ont rien apporté non plus. Toutes sortes de théories ont été évoquées, mais sans jamais aboutir.

1

Jean DeprÊtre | procureur des Konings

Jean-Marie Schlicker | magistrat

Ils ont concentré leurs recherches sur un groupe de petits criminels actifs dans le Borinage dirigé par Michel Cocu. Alors qu’une première expertise les avait désignés coupables, une contre-expertise les a totalement disculpés. Le juge a toutefois délibérément caché le document, ce qui a conduit, neuf mois plus tard, à son dessaisissement. Les Borains ont alors été relâchés.

2

Freddy troch | Onderzoeksrechter

A Termonde, Freddy Troch et sa cellule Delta ont enquêté sur le vol de gilets pare-balles dans l’usine textile Wittock-Van Landeghem à Tamise. Une personne a été tuée dans l’incident.

 

En 1986, les détectives de Troch ont trouvé beaucoup d’armes du gang dans le canal Bruxelles-Charleroi à hauteur de Ronquières. Troch était sur la piste du grand banditisme.

 

Il songeait au gangster Philippe De Staerke, leader de la Bande de Baesrode, impliquée dans des dizaines de braquages de bureaux de poste en Flandre dans les années 1980. Il s’agissait alors de la seule inculpation de l’enquête, mais qui aboutira finalement sur un non-lieu.

3

gerecht van charleroi

Le dossier a été assigné au tribunal de Charleroi, à l’initiative du ministre de la Justice de l’époque Melchior Wathelet (PSC), ce qui n’a pas manqué de causer une grosse frustration à Freddy Troch.

Des recherches ont été menées, des portraits-robots diffusés, des pistes rouvertes et refermées, les délais de prescription étendus, et chaque année, un trou a été creusé quelque part pour rechercher des armes, des cadavres ou d’autres traces, mais sans jamais le moindre résultat…

L’enquête sur l’enquête

La première commission d’enquête parlementaire a été dirigée par André Bourgeois (CD&V). Elle a débuté en 1988 et a rendu son rapport en mai 1990. Celui-ci, qui critiquait vivement la guerre des polices, a été dévastateur pour la politique menée dans le pays en matière de police. Ce rapport a mené au soi-disant « Plan de Pentecôte », un premier pas hésitant vers la réforme des services de police. Au cours de son travail, la commission n’a toutefois pas eu accès aux dossiers judicaires constitués sur le gang.

La seconde commission, dirigée cette fois par Tony Van Parys (CD&V), comptait parmi ses membres les experts Raf Verstraeten et Cyrille Fijnaut. Ils ont conclu, en 1997, que l’hypothèse selon laquelle l’extrême droite était derrière les tueurs du Brabant devait être mise de côté. Mais ils n’étaient toutefois pas d’accord sur l’implication ou non des ex-gendarmes Robert Beijer et Madani Bouhouche.

Les faits

1982 | LES VOLS D’ARMES

Les premières attaques qui peuvent être liées aux tueurs du Brabant sont des vols d’armes.

1/1/1982

Gendarmerie d’Etterbeek

Des armes automatiques et des munitions sont emportées.

13/3/1982

armurerie à dinant

Une arme à feu est volée; elle sera récupérée plus tard après une fusillade entre deux bandes rivales.

30/12/1982

Vendeur d’armes à Wavre

15 armes sont volées dans la vitrine, un agent de police présent sur place est tué.

1983 | Les attaques

En 1983, les tueurs du Brabant mènent principalement des raids sanglants dans plusieurs supermarchés. Ils feront cinq morts: trois à Nivelles, un à Hal et un à Beersel. A chaque fois, un gros butin est emporté, avec au total 4 millions de francs belges récoltés.

1982—83 | EXECUTIONS

En 1982 et 1983, un certain nombre de personnes sont exécutées, qui seront par après reliées au gang: le meurtre atroce du concierge du restaurant « Auberge du Chevalier » à Beersel en décembre 1982, celui d’un chauffeur de taxi à Mons en janvier 1983 et celui de l’exploitant du restaurant « Aux Trois Canards » à Ohain en octobre 1983.

1985 | BAINS DE SANG

Les raids sanglants dans les supermarchés qui ont inscrit les tueurs du Brabant à tout jamais dans la mémoire collective, ont lieu à l’automne 1985.

27/09/1985

DELHAIZE DE BRAINE L’ALLEUD

3 MORTS

 

27/09/1985

DELHAIZE D’OVERIJSE

5 MORTS

 

9/11/1985

DELHAIZE D’ALOST

8 MORTS

Et maintenant?

Au cours de ces 35 dernières années, on a souvent accusé un tel ou un tel « avec une probabilité pratiquement certaine ». Les suspects se sont même souvent accusés entre eux.

 

Il est possible que l’intention était de déstabiliser l’enquête plutôt que de contribuer à la faire progresser. Même les enquêteurs et les magistrats se sont mis des bâtons dans les roues et les tentatives des parlementaires et d’éminents criminologues pour remettre de l’ordre dans l’enquête ont toutes échoué.

 

L’appel à transférer tout le dossier dans une autre zone linguistique, soit du Brabant wallon vers le Brabant flamand, sera sans doute accueilli avec scepticisme. Car le plus important est de savoir comment la justice peut boucler ce dossier vieux de 35 ans.

Qui est le Géant?

Il s'agirait de l’ancien premier maréchal des logis Christiaan Bonkoffsky, alias «Bonno», décédé en 2015 à l’âge de 61 ans. Originaire de Termonde, il était gendarme à la brigade d’Alost et membre du Groupe Diane, une unité spéciale de la gendarmerie.

Le Groupe Diane?

Au cours de l'enquête sur les tueurs du Brabant, l'implication des anciens gendarmes du Groupe Diane dans les attentats sanglants a très souvent été évoquée. On parlait également beaucoup de liens avec l’extrême droite.

Le procureur général Christian de Valkeneer confirme que l’enquête sur les tueurs du Brabant a pris un tournant décisif.

 

MOTIVATIONS POSSIBLES

La grande question est et reste: qui dirigeait les tueurs du Brabant et qui étaient les donneurs d’ordre? Le butin amassé par le gang n’était en aucun cas proportionnel au parcours sanglant des raids meurtriers menés dans huit magasins belges. En 1985, ceux-ci se sont arrêtés aussi brusquement qu’ils avaient commencé.

Extrême droite

Les attaques s’intégreraient dans une action terroriste de groupes d’extrême droite. Cette piste vient d’être remise en lumière suite aux révélations du «Géant».

Politique

Dans le cadre de la guerre froide, cela aurait pu être une stratégie des Etats-Unis qui, grâce à ces attaques, semaient la peur au sein de la population.

Banditisme

Des hommes dangereux comme Patrick Haemers et Philippe De Staercke auraient mis sur pied les attaques des tueurs du Brabant.

35 ANS D’ENQUêTE

L’enquête a commencé le 13 mars 1982 à Dinant avec le vol d’un fusil de chasse dans un magasin. Le dossier s’est ensuite étoffé jusqu’à compter aujourd’hui un million de pages, sans résultat. Deux commissions d’enquête parlementaire n’ont rien apporté non plus. Toutes sortes de théories ont été évoquées, mais sans jamais aboutir.

1

Jean DeprÊtre | procureur du roi

Jean-Marie Schlicker | magistrat

Ils ont concentré leurs recherches sur un groupe de petits criminels actifs dans le Borinage dirigé par Michel Cocu. Alors qu’une première expertise les avait désignés coupables, une contre-expertise les a totalement disculpés. Le juge a toutefois délibérément caché le document, ce qui a conduit, neuf mois plus tard, à son dessaisissement. Les Borains ont alors été relâchés.

2

Freddy troch | magistrat

A Termonde, Freddy Troch et sa cellule Delta ont enquêté sur le vol de gilets pare-balles dans l’usine textile Wittock-Van Landeghem à Tamise. Une personne a été tuée dans l’incident.

 

En 1986, les détectives de Troch ont trouvé beaucoup d’armes du gang dans le canal Bruxelles-Charleroi à hauteur de Ronquières. Troch était sur la piste du grand banditisme.

 

Il songeait au gangster Philippe De Staerke, leader de la Bande de Baesrode, impliquée dans des dizaines de braquages de bureaux de poste en Flandre dans les années 1980. Il s’agissait alors de la seule inculpation de l’enquête, mais qui aboutira finalement sur un non-lieu.

3

tribunal de charleroi

Le dossier a été assigné au tribunal de Charleroi, à l’initiative du ministre de la Justice de l’époque Melchior Wathelet (PSC), ce qui n’a pas manqué de causer une grosse frustration à Freddy Troch.

 

Des recherches ont été menées, des portraits-robots diffusés, des pistes rouvertes et refermées, les délais de prescription étendus, et chaque année, un trou a été creusé quelque part pour rechercher des armes, des cadavres ou d’autres traces, mais sans jamais le moindre résultat…

 

L’Enquête sur

l’enquête

La première commission d’enquête parlementaire a été dirigée par André Bourgeois (CD&V). Elle a débuté en 1988 et a rendu son rapport en mai 1990. Celui-ci, qui critiquait vivement la guerre des polices, a été dévastateur pour la politique menée dans le pays en matière de police. Ce rapport a mené au soi-disant « Plan de Pentecôte », un premier pas hésitant vers la réforme des services de police. Au cours de son travail, la commission n’a toutefois pas eu accès aux dossiers judicaires constitués sur le gang.

La seconde commission, dirigée cette fois par Tony Van Parys (CD&V), comptait parmi ses membres les experts Raf Verstraeten et Cyrille Fijnaut. Ils ont conclu, en 1997, que l’hypothèse selon laquelle l’extrême droite était derrière les tueurs du Brabant devait être mise de côté. Mais ils n’étaient toutefois pas d’accord sur l’implication ou non des ex-gendarmes Robert Beijer et Madani Bouhouche.

les faits

1982 | LES VOLS D’ARMES

Les premières attaques qui peuvent être liées aux tueurs du Brabant sont des vols d’armes.

1/1/1982

GENDARMERIE D’Etterbeek

Des armes automatiques et des munitions sont emportées.

13/3/1982

armurerie à dinant

Une arme à feu est volée; elle sera récupérée plus tard après une fusillade entre deux bandes rivales.

30/12/1982

Vendeur d’armes à Wavre

15 armes sont volées dans la vitrine, un agent de police présent sur place est tué.

1983 | LES ATTAQUES

En 1983, les tueurs du Brabant mènent principalement des raids sanglants dans plusieurs supermarchés. Ils feront cinq morts: trois à Nivelles, un à Hal et un à Beersel. A chaque fois, un gros butin est emporté, avec au total 4 millions de francs belges récoltés.

1982—83 | EXECUTIONS

En 1982 et 1983, un certain nombre de personnes sont exécutées, qui seront par après reliées au gang: le meurtre atroce du concierge du restaurant « Auberge du Chevalier » à Beersel en décembre 1982, celui d’un chauffeur de taxi à Mons en janvier 1983 et celui de l’exploitant du restaurant « Aux Trois Canards » à Ohain en octobre 1983.

1985 | BAINS DE SANGS

Les raids sanglants dans les supermarchés qui ont inscrit les tueurs du Brabant à tout jamais dans la mémoire collective, ont lieu à l’automne 1985.

27/09/1985

DELHAIZE DE BRAINE L’ALLEUD

3 MORTS

 

27/09/1985

DELHAIZE D’OVERIJSE

5 MORTS

 

9/11/1985

DELHAIZE D’ALOST

8 MORTS

eT MAINTENANT?

Au cours de ces 35 dernières années, on a souvent accusé un tel ou un tel « avec une probabilité pratiquement certaine ». Les suspects se sont même souvent accusés entre eux.

 

Il est possible que l’intention était de déstabiliser l’enquête plutôt que de contribuer à la faire progresser. Même les enquêteurs et les magistrats se sont mis des bâtons dans les roues et les tentatives des parlementaires et d’éminents criminologues pour remettre de l’ordre dans l’enquête ont toutes échoué.

 

L’appel à transférer tout le dossier dans une autre zone linguistique, soit du Brabant wallon vers le Brabant flamand, sera sans doute accueilli avec scepticisme. Car le plus important est de savoir comment la justice peut boucler ce dossier vieux de 35 ans.